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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
politains, que jamais on n’avait vus animésd’une si belle ardeur guerrière, et qui sem-blaient destinés à faire dans ce siècle les le-vées de boucliers les plus intempestives. Lacour de Naples avait porté son armée jus-qu’à 70 mille hommes ; le trop fameux Mackfut mis à leur tête. Ce général, disciple deLascy, avait dirigé avec succès l’expéditiondu prince de Cobourg contre Dumouriez ,en 1793; en échange, ses plans pour la cam-pagne de 1794 portaient le cachet du défautde bons principes militaires : il avait de l’i-magination , du savoir, mais l’esprit et le ju-gement faux. Ferdinand iv, fier du gonfle-ment de ses bataillons, excité par Nelson etpar Acton, osa se jeter avec so mille hommessur les états romains, dont il espérait nousexpulser, et que Championnet couvrait avecîs mille hommes, dispersés depuis l’Adria-tique jusqu’à la Méditerranée. Mack s’a-vance, du 23 au 27 novembre, sur Rome enplusieurs colonnes, et oblige la petite arméede Championnet à se replier sur Civita-Cas-tellana (l’ancienne Véies), dont les rempartsnaturels lui permettent d’attendre des ren-forts.
Le général en chef court à Ancône poul-ies chercher. En son absence, Mack veut at-taquer Macdonald et Kellermann, qui lerepoussent avec perte. Championnet, revenuà son armée, fait enlever à Calvi une divi-sion napolitaine isolée qui ose menacer sacommunication ; il manoeuvre ensuite pourcouper la division Damas qui a pris la direc-tion de Viterbe . Mack, effrayé, évacueRome, Ferdinand tv reprend la route deNaples, ordonnant une levée en masse. Da-mas, abandonné, conclut avec Kellermannun traité qui lui laissait la faculté de se rem-barquer.
cembre, y resta quelques jours pour attendredes nouvelles de l’Italie septentrionale ; car,au moment où le roi de Naples le chassaitde cette capitale, le bruit s’était répandu quecelui de Sardaigne et le grand-duc de Tos-cane faisaient cause commune avec ceprince. Quoique aucun acte diplomatique neconfirmât ces rapports, les relations du Di-rectoire avec ces souverains étaient chargéesde trop de nuages pour ne pas donner dupoids à ces craintes. Il venait d’en coûterrécemment 8 millions au cabinet de Turin ,pour avoir laissé échapper, dans sa corres-pondance avec la cour de Vienne, le vœud’être débarrassé des Français . Joubert,que cette nouvelle extorsion avertissait dese tenir en garde, instruit que Charles-Em-manuel faisait des préparatifs clandestins,crut devoir le prévenir dans la rupture.D’abord, sur l’avis de l’invasion de la répu-blique romaine, il fit requérir, par l’ambas-sadeur Eymar, l’exécution du traité de l’an-née précédente, par lequel le roi s’engageaità fournir un contingent de 8 mille hommesdans toutes les guerres de la républiquefrançaise en Italie. Le cabinet de Turin s’é-tant excusé sur l’impossibilité de réunir desuite cette division, Joubert, sans attendreles ordres ultérieurs du Directoire , sûr d’a-gir selon ses vues, consigne ses griefs dansune espèce de manifeste ; réunit, le 5 décem-bre, les divisions Victor et Dessolles sur leTésin ; et pendant que les places de Novare ,de Suze, deConi et d’Alexandrie , tombentpar surprise au pouvoir des Français , il di-rige ces deux divisions sur Verceil . Lestroupes piémontaises, après une ombre derésistance, sont poussées sur Turin , où lesrépublicains, déjà maîtres de la citadelle,entrent en même temps qu’elles.
Charles-Emmanuel, abreuvé de dégoûtset d’humiliations sur un trône chancelant,en descendit avec résignation, et signa, le