138
NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
garde, et se rouvrait de gloire à Zernetz,tandis que la minee division laissée par Des-sollesen Valteline, sous les ordres deLoison,essuyait les attaques de la droite de Suwarof.II semblait perdu, car tôt ou tard l’ennemipercerait, par Coire , sur Dissentis, ou parles bailliages italiens sur le St-Gothard .
Leeourbe voit qu’il ne lui reste pas departi plus sûr que celui de dégager d’abordBellinzona , menacé par le comte Hohenzol-lern. Il marche sur Taverne, et en chasse leprince de Rohan, le is mai, à l'instant oùun orage bien plus redoutable éclate sur sagauche. Les Autrichiens, après avoir passéquinze jours à revenir de l’échauffourée dui er mai, s’étaient décidés enfin à tenter, le h,une nouvelle attaque contre Lucisteig, etl’archiduc avait envoyé, à cet effet, un ren-fort de 12 mille hommes, avec ordre de seconcerter en outre avec Bellegarde. Grâcesà ces puissants moyens, ils tournent et en-lèvent le fort, percent la division Ménard,refoulent sa gauche sur Sargans , et pous-sent la droite dans la direction de Dissentis,au pied du St-Gothard . Leeourbe laisse àLoison le soin de défendre les avenues d’Ai-rolo, et court à la défense des Alpes mena-cées.
Le cabinet de Vienne , plus jaloux de seconsolider en Italie que de détruire lescorps organisés que nous avions compromisdans les Grisons , avait prescrit à Bellegardede ne laisser que la division Haddick pourprendre le St-Gothard , et de marcher, parla Valteline, sur Milan , pour y renforcerSuwarof, qui allait donner contre plusieursplaces fortes et contre l’armée revenant deNaples . Cet incident contribua à sauver Le-courbe, qui revint sur Altorf , après uneretraite non moins honorable que pénible ;il entama même fortement la brigade St-Ju-lien, descendue de Dissentis sur la valléede la Reuss , et un autre détachement qui
s’était aventuré dans le Mutlenthal, entrelui et le corps de bataille de Masséna.
l/arehidnc pénètre en Suisse .
De son côté, l’archiduc Charles, un peucontrarié du départ de Bellegarde pour l’I-talie, avait enfin passé le Rhin à Schaffouse,le 27 mai. Hotze passa le fleuve vers Coire ;Masséna replié derrière le Thur, sentantqu’il devait empêcher la jonction des deuxcorps, attaqua celui de Hotze àFrauenfeld,et remporta un avantage partiel qui ne l’em-pêcha pas de se retirer, deux jours après,sur Zurich . Cette ville a une enceinte bas-tionnée en maçonnerie très-épaisse ; le côtédu midi ou la petite ville a pour fossés laLimmat qui sort impétueusement du lac; aunord, le corps de place est dominé par leZurichberg , et malgré le défilement de sesouvrages, il ne pouvait pas résister long-temps. Masséna avait fait tracer un vastecamp retranché sur cette montagne pourlier sa défense avec celle du plateau deHong.
Masséna évacue Zurich et garde l’Alhis.
L’archiduc voulut l’attaquer le 6 juin, etle fit sans succès : cependant une colonneautrichienne parvint à se glisser inopiné-ment le long du lac jusqu’à la porte; elle futpunie de cette audace. Toutefois la positionde Masséna était critique. A l’approche desAutrichiens, la population montagnarde desGrisons, des petits cantons et du Valais ,avait couru aux armes. Les succès des alliésen Italie menaçaient le Simplon et le St-Bernard; le St-Gothard est enlevé, et Le-courbe ramené jusque sur Schwitz et Altorf .Il eût été imprudent de sacrifier son arméepour tenir Zurich avec un défilé à dos.Masséna préféra la ligne de l’Albis, monta-