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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

estimer l’alliance des princes qui entraientfranchement en relations amicales avecnous; c’eût été engager en même tempsl’Espagne à redoubler d’efforts sur mer, età fournir, pour la garde commune de l’Ita-lie , le contingent stipulé à St-Ildefonse.Ainsi, loin d’avoir besoin d’envoyer Macdo-nald à Naples et Gauthier en Toscane , ouaurait eu uo mille combattants français ,espagnols et italiens, à présenter aux impé-riaux sur l’Adige .

Le Directoire fait fermer le Manège.

Toutefois le temps des récriminationsétait passé. Il ne s’agissait plus de domineren Italie, mais bien de sauver la France . Lesregards du Directoire se tournèrent surl’intérieur, où les fureurs de la société duManège menaçaient de tout bouleverser. Detels désordres, à la porte du palais législatif,devenaient intolérables ; la société, expul-sée du lieu de ses séances, alla s’installerrue du Bac, sous la présidence du régula-teur Augereau. Les débats devenaient tousles jours plus orageux; l’éloge de Babœuf,prononcé à la tribune de la société, attestaitqu’il était temps de frapper. Sièyes confiaà Fouché le ministère de la police ; et cetancien proconsul, auquel on ne peut con-tester un grand esprit des affaires, se hâtade fermer l’antre du jacobinisme, en mêmetemps que le Directoire réclamait une loirépressive des délits de la presse.

Nouveau plan d’opéra lions proposé.

C’était très-bien pour l’intérieur, mais ilfallait d’autres mesures pour arrêter les en-nemis de la France . Certain d’obtenir, parla nouvelle loi, les deux principaux élémentsde la guerre, le Directoire s’occupa du soinde repousser l’invasion dont on menaçait laFrance du côté de l’Est. Il chargea le bureautopographique de déterminer la ligne d’opé-

rations que prendraient probablement lesarmées alliées, si elles parvenaient à chasserMasséna de la Suisse ; et d’indiquer les ob-stacles naturels ou d’art qu’on pourrait,dans cette direction, opposer à une grandeinvasion. Quoiqu’un militaire distingué eûttracé dans un mémoire lumineux sa direc-tion naturelle dans la trouée entre le Jura et les Vosges , le général Clarke, chef de cebureau, s’obstina à soutenir qu’elle se diri-geait, par la Suisse et les Alpes cotiennes,sur Lyon . En conséquence, il présenta unlong travail, dans lequel il indiqua toutes lesmesures à prendre pour couvrir la frontièredes Alpes . Ces moyens consistaient princi-palement à former une armée qui aurait lagarde du grand et du petit St-Bernard, duSimplon, du Mont-Cénis, du Mont-Genèvreet du Col de l’Argentière; tandis que l’ar-mée d’Italie, débouchant de l’Apennin , re-prendrait l’offensive pour prévenir le siègede Coni ou faire lever celui de Mantoue , etque l’armée d’Helvétie opérerait une diver-sion puissante sur la Limmat .

Joubert est chargé de l’exécuter.

Le nouveau Directoire sentant le besoinde refaire son crédit par un coup d’éclat,Joubert, jeune général qui donne de gran-des espérances, est chargé de remplacerMoreau qu’on compare au temporiseur Fa-bius, et qu’on destine à commander sur leRhin . Son successeur doit réorganiser unearmée de 45 mille hommes en Ligurie , et s’a-vancer de nouveau sur le Pô afin de dégagerMantoue . Championnet, mis en jugementparce qu’il avait osé braver les proconsulsdu Directoire à Naples, descend du bancdes accusés pour aller commander l’arméede 34 mille hommes qu’on organise dans lesAlpes .

Si la proximité de Grenoble et de Cham-béry étaient des motifs pour organiser cette