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Tome premier.
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CHAP. Y. CAMPAGNE DE 1799 .

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armée, plutôt que d’envoyer des troupes parla Provence à Gênes , ce n’en était pas unpour donner des chefs séparés à ces armées,et assigner à celle des Alpes une destinationprincipalement défensive. Mantoue , assezmal bloquée pendant quelques mois, l’étaitplus étroitement depuis la chute de Pes-chiera; et, tous les préparatifs étant termi-nés, Kray fit enfin ouvrir la tranchée le15 juillet: Latour-Foissac capitula le 30. Enmême temps Chasteler et Bellegarde assié-geaient plus vigoureusement encore lacitadelle d’Alexandrie, où l’artillerie autri-chienne se distingua, et qui capitula égale-ment le 22 juillet, après sept jours d’uneattaque très-chaude.

Il débouche de l’Apennin .

Joubert, arrivé dans le commencementd’août, débouche enfin le 12 de l’Apennin sur Novi. Il est accompagné de Moreau qui,appelé au commandement de l’armée duRhin, veut suivre son jeune ami jusqu’aprèsla bataille. On espère n’avoir à combattrequ’une quarantaine de mille hommes [1]. Unbruit vague se répand que Mantoue a capi-tulé, mais on n’y ajoute pas foi.

Le 14 août, au soir, la droite et le centresont réunis sur le superbe plateau de Novi,au pied de l’Apennin , lorsqu’on apprend latriste nouvelle, non seulement que Mantoue a réellement succombé, mais encore que lecorps de Kray qui l’assiégeait se trouve déjàréuni à Suwarof, prêt à nous recevoir dansla plaine. On a peine à croire qu’une placequi m’a résisté dix mois entiers soit tombée

[1] Avant la prise de Mantoue , Suwarof renforcéavait :

55 mille hommes entre Alexandrie et Tor-tone.

13 mille sous Kaim vers Turin et les Alpes .

14 mille sous Haddick en Valais .

A rep. 82

1.

en trois mois devant des Autrichiens ; il n’estque trop vrai que Latour-Foissac l’a mal dé-fendue; et, en admettant même qu’il ait étéattaqué plus régulièrement, et qu’il n’aitpas eu les mêmes moyens que le maréchalautrichien , toutefois est-il certain qu’il eûtpu prolonger sa défense d’une quinzaine dejours au moins; il n’en fallait pas davantagepour le sauver.

Bataille de Novi.

On reçoit, dans la soirée, la confirmationde ce malheur, de manière à ne pouvoir endouter. Dès lors rien ne doit porter l’arméeà risquer une bataille contre un ennemi su-périeur. Il faut revenir sur l’Apennin , etconcerter un autre plan d’opérations avecChampionnet : mais on a une belle position ;la gauche doit venir s’y réunir dans la ma-tinée; rien ne semble exiger une retraiteprécipitée, car il n’est pas probable que l’en-memi devienne assaillant d’un poste si for-midable, quand il a intérêt à nous attirer enplaine. Suwarof en juge autrement : il faitattaquer le 15 août, au point du jour, parsa droite aux ordres de Kray. Déjà les co-lonnes autrichiennes grimpent les rampesdu coteau, couvertes de vignobles, et pa-raissent sur le plateau. Joubert y vole, se metà la tête du 54 ° régiment, culbute l’ennemi,mais est frappé à mort à la première dé-charge : il était à peine six heures du matin.

Moreau, qui semble destiné dans cettecampagne à être chargé de toutes les mau-vaises affaires, prend le commandementd’une armée engagée malgré elle et sans but ;

Report. 82

6 mille sous Ott et Klénau à Modène ,Ferrare .

27 mille sous Kray devant Mantoue .Total. 115 mille.

Joubert et Championnet en avaient 70 mille.

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