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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
bons en France comme le seul moyen demettre un terme aux troubles de l’Europe .
Il était curieux de voir un gouvernementqui avait deux fois traité à Lille , en recon-naissant la république et le Directoire , refu-ser de traiter avec une autorité plus solideet illustrée par la victoire. C’est que le gou-vernement amovible et vacillant du Direc-toire était bien le fait de l’Angleterre , quitrouvait son compte à tout le mal qui pou-vait nous arriver.
En même temps que je proposais la paixà l’Angleterre, je cherchais aussi à me rap-procher de la Russie . Paul i or était indignédes revers essuyés par ses troupes en Hol-lande, et en rejetait la faute sur les Anglais .Suwarof ne se plaignait pas moins des gé-néraux autrichiens, qui avaient abandonnéles petits cantons à l’instant où il s’y jetaittête baissée. Aigri par la retraite désastreuse,mais honorable, à laquelle il s’était vu ré-duit, il avait eu des démêlés avec l’archiducCharles, à la suite desquels l’armée russes’était séparée des Autrichiens et retirée enBavière . Je profitai de l’occasion pour meraccommoder avec Paul; je lui renvoyaisans échange et sans rançon 5 à 6 mille pri-sonniers parfaitement équipés à neuf. Ceprocédé ne fut pas perdu : aucun traité nefut conclu à la vérité, mais les Russes neprirent plus la moindre part à la coalition,et leur armée s’achemina bientôt vers laPologne . Quoique la force en fût réduiteà 50 ou 55 mille hommes, sa retraite n’étaitpas moins un événement décisif.
Les refus de l’Angleterre et de l’Autriche ne me laissant pas d’autre parti, il me fallutdonc songer à pousser vigoureusement laguerre. Bien que celle de terre fixât avanttout mon attention, je n’oubliai néanmoinsni l’armée que je venais de quitter, ni lesmoyens maritimes nécessaires pour la se-courir.
Chute de Tippoo-Saëb. — Affaires maritimes.
De grands événements s’étaient passés enOrient : au moment où je levais le siège deSt-Jean-d’Acre , notre ancien allié Tippoo-Saëb succombait dans l’Inde . Aussitôt quele ministère anglais eut la certitude de madescente en Égypte , il tira de la station duTage, de Gibraltar ou de ses ports, tout cequ’il y avait de forces disponibles, en sortequ’un corps de s mille hommes fit voile, entoute hâte, pour l’Inde .
Le marquis de Wellesley résolut de pro-fiter sans délai de ces renforts pour frapperun coup décisif sur Tippoo-Saëb, afin denous enlever le puissant appui que ce guer-rier musulman nous offrait dans le centrede l’Indoustan. Sûrs de l’alliance du Nizam,comme de la neutralité de Scindiah et desMarattes, ennemis jurés de la caste musul-mane, les Anglais , conduits par les générauxHarris, Stuart et Wellesley (depuis Wel-lington), fondirent sur les états du sultan,et, après plusieurs combats plus ou moinsdisputés, mirent le siège devant Seringapat-nam, qui fut battue en brèche et prise le3 mai 1799, à la suite d’un assaut plus célèbreque meurtrier. Tippoo, fidèle à sa gloire, sefit enterrer sous les ruines de son palais, etses états furent partagés entre la compagnieet ses créatures. Ce coup important et dé-cisif, joint à la chute probable de Malte blo-quée depuis deux ans, rendait la situationde notre armée d’Égypte plus précaire, maispoint encore désespérée.
Je chargeai Gantheaume de sortir deBrest pour y porter des renforts de troupes,d’armes et de munitions. La flotte espagnoleétant toujours confinée à Brest , où l’on serappelle qu’elle était revenue avec Bruix , etcelle de Hollande n’étant pas encore remisedu désastre de Camperduyn, je ne voyais,pour l’instant, rien à entreprendre par mer.L’Irlande ne nous offrait plus les mêmes