CHAP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802.
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chances que sous le Directoire: l’Angle-terre, avertie par la descente du mince déta-chement du général Humbert, et fatiguéedes craintes que ce pays lui donnait, y avaitconcentré une puissante armée sous lesordres de lord Cornwallis : plus 40 millehommes y furent successivement portés, etles insurgés, détrompés des promesses qu’onn’avait point su réaliser, avaient, en grandepartie, déposé les armes. Les affaires deSt-Domingue prenaient, depuis 1796, unetournure moins sinistre: Toussaint-Louver-ture s’étant déclaré avec ses noirs en faveurde la république, avait rétabli l’ordre dansles cultures, triomphé des hommes de cou-leur, et confiné les Anglais dans St-Marc,où le général Maitland, désespérant de levaincre, lui proposa de le reconnaître poursouverain d’Haïti. Le Directoire lui avaitenvoyé Hédouville, que l’adroit et ombra-geux Toussaint fit rembarquer d’autoritépour la France ; et, dans l’espoir d’éviter unerupture ouverte avec nous, il déclina lespropositions de nos ennemis, et affecta ledévouement le plus entier à la république.La Guadeloupe se maintenait avec succès :la Martinique se trouvait, depuis six ans,livrée aux Anglais ; les colonies hollandaisesde Surinam , d’Essequebo, sur le continentde l’Amérique méridionale, étaient tombéesen leur pouvoir, ainsi que Me de Curaçao .
État des armées sur le continent.
Si la guerre maritime offrait peu dechances à mon activité, la guerre continen-tale m’occupa d’autant plus sérieusement.L’armée d’Italie , réduite à ôo mille hom-mes actifs, s’était réfugiée sur les rochersde Gênes . Dix autres mille gardaient lesAlpes cotiennes et le Dauphiné. L’armée duRhin, qui comptait au-delà de îoo millecombattants, cantonnait en Alsace et en
Suisse, depuis Strasbourg à Schaffouse.
Nos troupes n’osaient plus repasser lesAlpes en présence des forces supérieuresque l’ennemi avait rassemblées dans le bas-sin du Pô. Cependant il importait ou derentrer à la fois en Italie et en Allemagne ,ou de porter des coups si décisifs sur leDanube , qu’on pût y reconquérir la pénin-sule en dictant la paix à l’Autriche . Il fal-lait reprendre Mantoue, Alexandrie et Mi-lan, à Vienne . Tel était mon plan.
J’appelai les conscrits, je fis forger desarmes; je réveillai le sentiment de l’hon-neur national, qui n’est jamais qu’assoupichez les Français . Je rassemblai une armée,jeune il est vrai, mais pleine d’enthou-siasme.
Le contre-coup de nos revers s’était faitsentir en Vendée , où la guerre civile se ral-lumait. J’y dirigeai deux belles divisions del’armée de Brune, victorieuse en Hollande.L’approche de ces troupes et une législationplus modérée fit tomber les armes des chefsroyalistes, et je pus disposer de ces forcesdans Test.
Autant l’armée d’Italie était misérable ,autant celle du Rhin , réunie à celle d’Hel-vétie, était belle; j’en donnai le commande-ment à Moreau, en lui envoyant les recruesnécessaires pour compléter ses corps, et lemettre en état de prendre l’offensive. Lereste de mes troupes disponibles fut portésur Dijon , où je fis organiser une armée deréserve de 40 mille hommes, qui, de ce pointcentral, devait se trouver prête à marcheren Souabe, en Suisse ou en Italie , selon queles circonstances l’exigeraient. Les divisionsqui venaient de soumettre la Vendée enformèrent le noyau.
Plan de campagne.