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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
attention de l’état de Gênes , et d’allégerainsi la besogne de Masséna et de Suchet.Il crut que, pour nous tenir en respect, ilsuffisait de détacher, de Vintimille sur Tu-rin , un corps de 7 mille hommes. Cependantil ne tarda pas à le suivre à la tête d’une au-tre division, laissant à Ott le soin d’assiégerGênes avec 2s mille hommes, et à Elsnitz lesoin de le couvrir sur le Yar avec is mille.Mais toujours préoccupé de l’idée que nousne ferions qu’une puissante diversion, Mêlasse laissa tromper par l’attaque que Thureauexécuta, le 22 mai, sur Suze; non-seulementil ordonna à Kaim de marcher de Turin au-devant de cette petite colonne, mais il luiassigna encore la majeurepartie des renfortsqu’il amenait de Nice , et marcha, le 24 mai,à Savigliano.
Ainsi toutes les forces qui devaient s’op-poser aux 60 mille hommes que j’amenaisen Lombardie , ne consistaient qu’en ismille hommes dispersés en trois corps sousWukassowich, Laudon et Haddick.
Le jour même où Mêlas se trouvait àSavigliano, j’arrive à Yvrée. Chabran estlaissé pour continuer le siège du fort deBard. Thureau, après avoir forcé le pas deSuze, s’établit à Bussolino, d’où il menaceTurin; Moncey, descendant du St-Gothard ,pénètre dans les bailliages italiens ; Bethen-court se porte sur le fort d’Arona. Monplan se développe majestueusement et l’en-nemi ne s’en doute pas encore.
Combat de la Chiusella.
Le général Haddick s’était porté de Tu-rin sur la Chiusella, où il avait recueilli lestroupes que Lannes avait chassées d’Yvrée,ce qui formait au général autrichien uncorps de 10 mille hommes. Lannes l’attaquele 26, force le pont de la Chiusella, et rejettel’ennemi sur Chivasso, où il entre le lende-
main. Haddick se retire à Turin , où il re-joint Mêlas.
Je n’avais poussé mon avant-garde surChivasso que pour faire croire à l’ennemique j’allais me porter sur Turin ; toutefoisje n’eus garde de prendre cette direction.Pour assurer l’exécution de mes projets,qui ne tendaient à rien moins qu’à me saisirde toutes les communications des Autri-chiens, il fallait absolument manœuvrer surMilan : c’était frapper un coup d'éclat quiagit à la fois sur l’opinion des peuples d’Ita-lie , et répandit la terreur dans l’armée en-nemie, en même temps qu’il accélérait maréunion avec les 15 mille hommes que Monceyamenait de l’armée du Rhin. Je marchaidonc d’Yvrée par Santhia , Verceilet Novare,vers le Tésin.
Passage du Tésin.
L’avant-garde de Lannes, devenue arrière-garde, masqua mon mouvement en se por-tant par Crescentino, Trino et Mortara, surPavie . La nouvelle avant-garde, commandéepar le général Murat, força le passage duTésin à Turbigo, le 31. Le général Laudon,pour défendre cette rivière, avait rassembléquelques troupes ; il fut battu, et perdit 1500hommes hors de combat. Le généralWukassowich, accourant de la vallée duhaut Tésin pour le joindre, arriva trop tard,et n’eut que le temps de se sauver surl’Adda.Les Autrichiens jetèrent 2 mille hommesdans le château de Milan , et se replièrent,au nombre de 6 mille, jusqu’aux bords duMincio. Le 2 juin, j’entrai à Milan .
Dispositions de Mêlas.
Mêlas, ne sachant pas encore à qui il avaitaffaire, eut d’abord l’idée de passer le Pùà Casai, pour m’attaquer en queue ; mais