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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
était un peu hasardée. Il eût été plus sagede réunir 15 mille hommes de plus sur Tor-tone, parce que si Mêlas filait sur le Minciopar Milan , je n’en avais pas moins conquistoute l’italie par une seule marche, et que,réuni à Masséna, je n’avais plus besoin d’a-voir des communications par le St-Bernard :mais le succès enivre, et je voulais tout ourien. J’avais aussi espéré que Masséna tien-drait quelques jours de plus, et qu’en dé-bouchant vers Tortone , il nous serait faciled’entrer en jonction par Novi.
Bataille de Montebello.
On vient de dire que le corps d’Ott ac-courait en toute hâte de Gênes pour pren-dre part à la défense du Pô : il 11e putarriver à temps, et ne poussa que jusqu’àMontebello, où il rencontra le corps deLannes. Tout plein du désir d’arriver àPlaisance, et persuadé qu’il n’avait affairequ’à un détachement de mon armée, Ott se précipita sur le bourg de Casteggio con-tre tous les principes de la guerre, qui in-terdisaient aux Autrichiens de livrer descombats partiels, lorsqu’une concentrationseule pouvait les sauver. Lannes le reçut àla tête des divisions Watrin et Chambar-lhac ; il prit même l’offensive pour le débor-der par les belles hauteurs qui dominent cebourg et tout le pays jusqu’au Pô.
Les Autrichiens combattirent avec intré-pidité ; la victoire était douteuse, lorsquel’arrivée de Victor, avec la division Gar-danne, la décida en notre faveur. Les en-nemis , tournés par les deux ailes, furentcomplètement défaits5 leur centre, presséau pont de Casteggio, fut abîmé : ils per-dirent 6 canons, 5 mille prisonniers, et3 mille tués ou blessés. Ott jeta 2 mille hom-mes dans la citadelle de Tortone , et se re-plia sur Alexandrie , où Mêlas concentraitle reste de ses forces.
Cet événement était de la plus haute im-portance , il affaiblissait l’ennemi de 8 millehommes à l’instant où il allait être obligéde se frayer un passage, et il exaltait lemoral de nos troupes, bien décidées à lelui disputer.
Bataille de Marengo.
Je poursuivis ma marche sur Alexandrie .Le 12 mars, nous passâmes la Scrivia, etnous débouchâmes dans la plaine de San-Giuliano. Une arrière-garde qu’Ott avaitlaissée à Marengo en fut débusquée par ladivision Gardanne , et se vit obligée de re-passer la Bormida. J’échelonnai mon arméesur la route de Tortone à Alexandrie . Ladivision Gardanne s’établit à Pedrabona, enface de la tête du pont que les Autrichiensavaient conservé sur la Bormida. Elle avaiten soutien Victor, posté à Marengo avec ladivision de Chambarlhac, et la brigade decavalerie de Kellermann. En arrière de Vic-tor se trouvait Lannes, déployé près de San-Giuliano avec la division Watrin et la bri-gade de cavalerie de Champeaux. Enfin, ladivision Monnier formait le dernier échelonà Torre di Gafaralo. La brigade de cavaleriede Rivaud, postée à Sale, observait le basTanaro et le Pô , sur la droite de l’armée.Sur notre gauche, je poussai le général De-saix avec la division Boudet à Rivalta, afind’empêcher l’ennemi de filer par sa droitevers Novi ; Desaix devait chercher aussi àouvrir des communications avec l’armée d’I-talie , qui descendait la vallée de Bormidapar Dego sur Aqui. J’avais cru pouvoir m’é-tendre ainsi, parce que le peu d’empresse-ment que l’ennemi avait mis à défendre laplaine de San-Giuliano semblait indiquerqu’il n’était point décidé à livrer bataille, etqu’il chercherait au contraire à manœuvrerpour se rejeter sur Gênes , afin de gagnerensuite Parme et Modène ; il m’en fit même