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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
le Mincio. Les Napolitains, délivrés de leursguerres intestines et des massacres juridi-ques ordonnés par la reine, et barbarementexécutés sur les bâtiments de Nelson, s’a-vancaient aux confins de la Toscane . Aber-crombie pouvait descendre d’un instant àl’autre à Livourne , avec la petite arméequ’il promenait de Minorque sur les côtesde Toscane et de là à Gibraltar . Le grand-duc formait ses milices à l’aide d’un corpsautrichien commandé par le général Som-ma riva.
Je résolus de prévenir la jonction de ceséléments orageux. Le général Dupont reçutl’ordre d’entrer en Toscane , de désarmerles milices, et d’occuper Florence et Li-vourne ; ce qu’il exécuta le 16 octobre aprèsde légers combats à Barberino et Arrezo.
Préparatifs sur le continent.
L’activité des négociations politiques pen-dant les mois de juillet, août et septembre,n’avait pas empêché les deux partis de con-tinuer leurs préparatifs. J’avais d’abord faitentrer en Suisse une seconde armée de ré-serve , formée à Dijon par Macdonald, etforte d’environ u à 15 mille hommes. Au-gereau assemblait à Mayence une petite ar-mée gallo-batave de même force. Ces corpsétaient destinés à débarrasser mes deux ar-mées principales de ces accessoires qui in-quiètent les flancs, morcèlent les armées, etsont le prétexte de toutes les fautes des gé-néraux médiocres. Macdonald couvrirait àla fois dans le Tyrol la gauche de Brune etla droite de Moreau ; il deviendrait un corpsde manœuvre pour déborder l’ennemi, il lie-rait les deux armées. Augereau balaierait lagauche du Danube , contiendrait les forcesque l’ennemi assemblait en Bohême, et lais-
serait à la belle armée de Moreau toute la li-berté de ses mouvements.
Les Autrichiens avaient aussi mis le tempsà profit. L’archiduc palatin s’était rendu enHongrie pour y renouveler la levée en massede 1797. L’archiduc Charles, qu’une injustedisgrâceprivaitducommandement suprême,pressait, dans le gouvernement de Bohêmequ’on lui avait conféré, l’organisation de lé-gions de 10 à 12 mille hommes qui devaientbientôt entrer en ligne. Des recrues affluè-rent de tous les états héréditaires pour re-compléter les régiments. La petite armée deCondé, revenue du service de Russie à celuide l’Angleterre, et un beau contingent ba-varois, renforcèrent en outre les impériaux.L’empereur François se rendit lui-même àson armée pour raviver l’amour de la patrieet de la gloire. Cédant à des «onsidérationsdont il serait difficile d’assigner la cause, ilcrut devoir remplacer Kray par l’archiducJean, jeune prince instruit dans l’art mili-taire, mais qui n’avait ni l’expérience ni legénie de son frère l’arcliiduc Charles. Onlui donna pour conseils les mêmes générauxLauer et Weyrother , qui avaient été les gui-des de Wurmser et d’Alvinzi dans les gran-des journées de Bassano et de Rivoli, etqui, malgré toute leur érudition, manœu-vraient toujours fort bien pour se faire bat-tre; car rien n’est pire que l’érudition sansprincipes.
Grâce à ces préparatifs, l’Autriche crutqu’il serait honteux de faire la paix en nousabandonnant Mantoue qu’elle possédait en-core. Il est rare qu’un état fasse la paix aprèsquelques défaites, sans recouvrer une par-tie de ce qu’il a perdu au moyen du sacrificequ’il fait du reste : on voit rarement une na-tion qui se respecte céder plus qu’on ne luia pris, quand elle se croit en mesure de ledéfendre. Nous dirons plus tard combiences maximes naturelles ont été méconnues