CHAP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802.
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dans les conditions qu’on a prétendu m’im-poser.
Tout espoir de rétablir la paix sans com-bats étant évanoui, je me décidai à romprel’armistice, au milieu de novembre, malgréla rigueur de la saison. Si nous laissionstout l’hiver à l’Autriche , les chances de cerepos seraient entièrement contre nous :Moreau et Brune reçurent donc l’ordre dedénoncer la reprise des hostilités.
Pian d’opérations.
J’avais conçu un projet très-hardi pourdéborder l’armée de Bellegarde sur leMincio, en faisant franchir toute la chaînedes Alpes rhétiennes à Macdonald, pour dé-boucher sur Trente et refouler les Autri-chiens sur les lagunes de Venise , en mêmetemps que Brune les attaquerait de front.Afin de l’exécuter plus sûrement, Muratreçut l’ordre de partir avec le camp d’Amiens pour l’Halie, aussitôt que la destination con-nue de Pulteney l’aurait rendu disponible.J’avais eu un moment l’envie de me porter,avec 80 mille hommes, par les Alpes noriquessur Vienne , en même temps que Moreau yarriverait par la vallée du Danube . Je medécidai néanmoins à ne pas me rendre enpersonne à l’armée de Brune qui, par latournure des événements, ne serait qu’unaccessoire : je fus confirmé dans cette réso-lution par ce qui s’était passé à Paris à l’é-poque de Marengo. Le parti vaincu au 18brumaire était encore assez vivace : à lapremière nouvelle des succès de Mêlas ap-portée par un courrier de commerce, lesjacobins me croyant vaincu avaient proposé,dit-on, à Carnot, ministre de la guerre, uncoup d’état contre moi. On sait trop le partiqu’il eût pris, si une heure après, mon cour-rier annonçant une victoire décisive, n’avaitchangé la face des affaires. Je crus plussage de diriger les opérations du fond de
mon cabinet, et Berthier reprit le porte-feuille de la guerre.
Macdonald trouvait sa tâche d’une exécu-tion impossible, ses moyens hors de pro-portion ; il m’envoya son chef d’état-majorpour me porter des objections.
Après avoir écouté attentivement l’exposéde cet officier, je l’interrogeai sur la forceprésumée et les positions du corps du géné-ral Hiller, du côté de l’Allemagne , et des di-visions Laudon, Dedowich et Wukassowichqui couvraient le Tyrol italien. Embrassantensuite d’un coup-d’œil cette masse desgrandes Alpes, entre le Rhin et l’Adige ,j’analysai les différentes hypothèses que cevaste théâtre présentait à mes combinaisons,puis j’ajoutai : « Nous enlèverons sans com-« battre cette immense forteresse du Tyrol;<■ il faut manœuvrer sur les flancs des Au-« trichiens, menacer leur dernier point de« retraite ; ils évacueront sur le champ toutes« les hautes vallées. Je ne changerai rien à« mes dispositions. Retournez prompte-« ment ; je vais rompre l’armistice : dites à'■ Macdonald qu’une armée passe tou-« jours, et en toute saison, partout où« deux hommes peuvent poser le pied. Il« faut que, quinze jours après la reprise des« hostilités, l’armée des Grisons se trouve« aux sources de l’Adda, de l’Oglio et de« l’Adige ; qu’elle ait tiré des coups de fusil« sur le mont Tonal qui les sépare ; enfin" qu’arrivant à Trente , elle forme la gaucheii de l’armée d’Italie , et manœuvre de con-« cert avec elle sur les derrières de Belle-« garde. Je saurai porter à temps des ren-« forts où ils seront nécessaires : ce n’est pas« sur la force numérique d’une armée, mais« bien sur le but et l’importance de l’opé-« ration que je mesure celle du comman-« dement. «
Succès brillants de l’armée du Rhin,
Les hostilités recommencèrent vers la fin