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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
de novembre. Peu de jours après, Moreaugagna la bataille décisive de Hohenlinden .L’archiduc Jean voulant prendre l’initiative,au lieu de nous attendre derrière la redou-table position de l’Inn , se jeta dans le paysfourré entre cette rivière et l’Iser, afin dedéboucher sur Munich , tandis que le corpsde Klénau, avec une bonne partie de sa ca-valerie, déboucherait par Ratisbonne , et luidonnerait la main à Dachau . L’archiduc,excité par Weyrother , pénètre, le s décem-bre , dans la grande forêt de Hohenlinden ,sur quatre colonnes. Trois de ces colonnesmarchaient par des chemins détestables etdétrempés par une neige abondante. Laprincipale, composée du centre avec tousles parcs et les réserves, cheminant par unebelle chaussée, débouche, deux heuresavant les autres, sur Anzing , tombe au mi-lieu des divisions de Moreau, et en estchaudement accueillie. Par un hasard nonmoins heureux, Richepanse, se dirigeantdans la forêt, se croise avec la gauche desAutrichiens qui avait été fort retardée,s’empare ainsi de la chaussée, et prend lecentre de l’archiduc en flagrant délit, enl’attaquant à revers dans un défilé dont Mo-reau lui disputait l’issue. Assailli de toutesparts dans ce coupe-gorge, l’archiduc Jean,après avoir perdu 100 pièces de canon et 12mille hommes, est trop heureux de regagnerl’Inn .
Cette victoire était d’autant plus heureusequ’elle avait été remportée sans que l’ailedroite sous Lecourbe, ni la gauche sousCollaud, y prissent aucune part; Moreau lesavait bien appelées à lui dès qu’il avait ap-pris la marche offensive de l’ennemi, maiselles n’avaient pas eu le temps d’arriver.
L’armée victorieuse suivit impétueuse-ment l’ennemi épouvanté. Les têtes de noscolonnes, guidées par Lecourbe,Richepanse,Decaen, jeunes guerriers pleins d’activité et
d’ardeur, prenant à peine quelques heuresde repos, le poursuivaient avec cette vigueurdont j’avais donné l’exemple en 1796.
L’imposante barrière de l’Inn , malgré sestrois têtes de ponts retranchées pendantl’armistice, et malgré la place de Braunau , neput les arrêter plus d’un jour. L’emplace-ment fautif de l’ennemi permit à Moreau demenacer la droite, et de passer l’Inn surl’extrême gauche, près de Rosenhaim.
Les Autrichiens tinrent en avant de Salz-bourg, et Lecourbe faillit y être engagé seuldans un combat désavantageux : sa fermetélui donna le temps de remédier au mal. LaSalza, la Traun, l’Enns , furent franchiesavec la même vigueur. Richepanse enlevaplusieurs arrière-gardes ennemies, et mon-tra une grande habileté. Le général Klénau,qui étaitallé courir vers Ratisbonne avec uncorps assez nombreux, surtout en cavalerie,paralysé par la déroute de l’armée princi-pale, n’eut rien de mieux à faire qu’à sejoindre au général Simbschen et aux légionsde Bohême, pour tomber sur la petite arméed’Augereau, qui, ayant soumis Wurtzbourg et investi la citadelle, s’avançait vers Nurem-berg . Quelques légers avantages, remportéspar les Autrichiens sur ce point secondaire,n’empêchèrent pas l’armée principale de re-venir jusque vers St-Polten dans le plusgrand délabrement. Richepanse, Decaen,Lecourbe, se couvrirent de gloire dans cettecourte campagne, qu’illustrèrent le passagede l’Inn , celui de la Salza, et les combats deSchwanstadt, Vocklabruck et Lambach.
L’archiduc Charles venait de prendre desmains de son frère le commandement d’unearmée démoralisée, et qui, en vingt jours,venait de perdre 25 mille hommes hors decombat, 120 pièces de canon, 4 mille voi-tures. Arrivant sans renforts et sans espé-rances prochaines, comment eût-il pu yramener la confiance et la victoire?