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Tome premier.
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CH AP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802.

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Armistice de Steyer.

Il proposa un armistice. Moreau avaitordre de n’y consentir que dans le cas oùl’Autriche s’engagerait à séparer sa causede l’Angleterre, et à traiter isolément sansdélais. Il fallait 48 heures pour avoir la ré-ponse de Tienne, et Moreau refusa de sus-pendre sa marche, certain que les résultatsdes mouvements antérieurs devaient luidonner une quantité de prisonniers et debagages. Enfin, le cabinet de Vienne con-sentit à tout, et le général Grune signa, le23 décembre, un armistice à Steyer, pourl’armée d’Allemagne seulement.

Inaction de Brune.

L’armée d’Italie était restée dans l’inac-tion. Brune n’avait aucun intérêt à brusquerune affaire, parce qu’il attendait Macdonaldet Murat. De son côté Bellegarde, ignorantla destination de ces derniers, attendait quela cessation des pluies d’automne rendît lesopérations moins pénibles dans les lagunesde l’Oglio et du bas Pô .

Passage du Splugen .

L’armée des Grisons , docile à mes ordres,s’était élancée, pleine d’ardeur, dans lesneiges et les glaces du Splugen , à une épo-que où le voyageur même tremble de s’yexposer avec toutes les précautions d’usage.

Des masses amoncelées d’une neige mo-bile, cachant des précipices affreux, des ava-lanches menaçantes, mille dangers de touteespèce ne sauraient arrêter des braves ha-bitués à mépriser la mort. Les colonnes,après des efforts extraordinaires, débou-chent enfin sur les bords riants du lac deComo.

Ce n’est pas tout ; il faut vivre au milieudes paysages pittoresques, et c’est en Lom-bardie qu’il faut aller chercher les moyensd’alimenter l’armée, que la Valteline dénuée

de grains ne saurait nourrir. Macdonaldfranchit les chaînes secondaires et abruptesdu col d’Apriga, moins élevé que le Splu-gen , mais plus difficile peut-être pour unearmée.

Il propose à Brune de lui envoyer son ailegauche pour rendre plus décisive l’attaquepar les montagnes. Celui-ci craint, en s’af-faiblissant dans la plaine, de se livrer auxcoups de Bellegarde ; car, s’il est battu etrejeté derrière l’Adda, l’armée de Macdo-nald serait perdue dans les gouffres duTyrol.

Tous deux avaient raison : il était bien deporter nos efforts sur la gauche, il ne Tétaitpas de le faire partiellement. Si j’avais étésur les lieux, j’aurais marché moi-même,avec ma gauche et le corps de bataille, pourjoindre Macdonald, et faire à Bellegarde ceque j’avais fait, en 1796, à Wurmser, à Bas-sano, en ne laissant qu’un corps léger surl’Adige. Macdonald, piqué du refus, s’enalla attaquer le Tonal, dont l’ennemi avaithérissé les cimes glacées de retranchements.Il y fut repoussé.

Opérations de Brune.

Le passage du Mincio avait eu lieu le25 décembre ; il devait se faire vers Mon-zambano : la droite, sous Dupont, exécute-rait une attaque secondaire à Volta. Un re-tard fit donner contre-ordre au centre et àla gauche; Dupont ne le reçut que quand ilavait déjà effectué son passage, et la démon-stration devint ainsi l’affaire principale. Cetteaile eut à soutenir tous les efforts de Belle-garde contre Pozzolo. Suchet vint à son se-cours sans consulter Brune, et nos troupesse maintinrent par miracle sur la rivegauche. Le lendemain, Brune passa en effetà Monzambano ; l’ennemi céda partout auxefforts de notre belle armée, dont l’Adige ne suspendit qu’un instant la marche victo-