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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
rieuse. La gauche, sous Moncey, remontace fleuve par Roveredo .
Jonction de l'armée des Grisons.
Macdonald, de son côté, après avoir laisséla moitié de sa petite troupe sous Baraguey-d’Hilliers, aux sources de l’Adige , avait passéles rochers du val d’Apriga, et était des-cendu sur Breno, afin de communiqueravec la brigade Lecchi, envoyée par Bruneà sa rencontre. Repoussé, comme je l’ai dit,à l’attaque du Tonal, il dut se rabattre, parPisogno et le col de San-Zeno , sur Storo, ense frayant un passage dans les glaces vives,comme il l’avait fait au Splugen , dans desmasses de neige. Cette courte campagne futmémorable, notamment par les fatigues detoute espèce que les troupes eurent à suppor-ter, et les obstacles naturels qu’elles surentvaincre à force de résignation, de dévoue-ment et de courage. L’histoire la transmettraà la postérité, comme un des monuments denotre gloire.
Enfin, le 4 janvier Macdonald entra encommunication avec Moncey ; et le 7, il dé-boucha par le col de Yesagno, sur Trente,où il fut joint par Vandamme, qui descenditla vallée de la Noss aussitôt que l’ennemieût évacué le Tonal.
La droite de Bellegarde, pressée à Cal-liano entre Moncey et Macdonald, semblaitperdue. Le général Laudon la sauva entrompant Moncey par le faux avis d’une ar-mistice. Les Autrichiens filèrent par laBrenta pour rejoindre Bellegarde. Moncey,qui croyait entrer à Trente par suite del’arrangement fait avec Laudon, fut assezsurpris d’y trouver Macdonald. Piqué d’avoirété dupe d’un stratagème si usé, et qui serépète néanmoins presque toujours avecsuccès, il suivit Laudon et Wukassowichpar les gorges de la Brenta. Macdonald semit, par Botzen, aux trousses de la division
autrichienne, qui avait couvert les Grisons et le haut Adige , et que Baraguey-d’Hillierspoussait sur Méran . II allait l’entourer,quand l’armistice de Trévise enchaîna sonbras, au moment où il allait recueillir dumoins quelques trophées de sa pénible cam-pagne.
Armistice de Trévise.
Brune, qui avait poussé mollement jusqu’àTrévise , prit en effet sur lui de conclure unarmistice, en laissant Mantoue aux Autri-chiens, et en accordant libre sortie auxgarnisons des forts de Vérone , Legnago,Peschiera et Ancône, qu’on lui évacuait :c’était une double sottise, car Mantoue allaitêtre le point décisif de la négociation pro-chaine avec le cabinet de Vienne , et lesgarnisons que nous laissions partir seraientincessamment forcées à se rendre prison-nières. J’avais prévu cette faute, en ordon-nant cinq jours avant à Brune de ne pointtraiter sans obtenir Mantoue . Cet ordrearriva deux jours trop tard. Cette étrangeconvention était d’autant plus déplacée, queMurat descendait au même instant en Lom-bardie , et arrivait sur le Pô avec un beaucorps d’élite de 12 mille hommes.
J’ordonnai à Brune de rompre aussitôtcet armistice, et de pousser en avant, àmoins qu’on ne lui cédât Mantoue . Co-bentzel, instruit à Lunéville de cette dif-ficulté, s’empressa de la lever, en consentantà la remise de la forteresse, et en donnantainsi force à la convention de Trévise .
Machine infernale du 3 nivôse.
Rien n’eût manqué à mes vœux, si l’évé-nement du 3 nivôse (24 décembre) ne m’a-vait appris que j’étais encore sur un volcan.Cette conspiration fut imprévue : c’est laseule que la police n'ait pas déjouée d’a-vance. Elle n’avait pas de confidents, c’est