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Tome premier.
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CHAP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802.

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pourquoi elle a réussi. Elle était simple,car elle ne consistait qu’à embarrasser mavoiture, lorsqu’elle passerait dans la rueSt-Nicaise, et à la faire sauter par une ma-chine remplie d’artifices comprimés, quel’on a nommée machine infernale.

J’échappai par miracle. L’intérêt qu’onme témoigna me dédommagea amplementde ce complot. On avait mal choisi le mo-ment pour conspirer ; rien n’était prêt enFrance pour les Bourbons.

O 11 chercha les coupables. Je le dis envérité, je n’en accusais que les Brutus ducoin des rues. En fait de crimes, on étaittoujours disposé à leur en faire honneur.Je fus étonné, lorsque la suite des enquêtesvint prouver que c’était aux royalistes queles habitants de la rue St-Nicaise avaientl’obligation d’être sautés en l’air.

Les Napolitains battus en Toscane .

Pendant les débats de Brune avec lesAutrichiens, les Napolitains, qui semblaientprendre à tâche de ne rien faire à propos,avaient imaginé de débusquer nos détache-ments de Sienne et d’envahir la Toscane .Le comte de Damas y entra à la tête de 8mille Napolitains. Sommariva, parti d’An-cône , devait insurger les vallées voisines,et franchir l’Apennin pour lui donner lamain. Murat approchait alors de Parme.Cependant Miollis, ne prenant conseil quede son audace, marche avec 3 mille Franco-Cisalpins sur les Napolitains, et les metdans une déroute complète à San-Donato(14 Janvier). L’armistice de Trévise , pa-ralysant Sommariva, livrait Naples à noscoups.

Expédition de Murat contre Naples.

Certain que la paix avec l’Autriche ne tar-derait pas à se conclure, et que l’armisticenous assurait en tout cas le temps d’en finir

1.

avec Naples, je prescrivis à Brune de ren-forcer Murat de deux divisions, et à celui-cide se porter sur Rome à la tête de 27 millehommes. Je convoitais la superbe rade deTarente qui avait servi de boulevard auxCarthaginois pour résister à la puissance ro-maine dans la péninsule, et où, moyennantquelques travaux, les plus nombreuses flot-tes pouvaient trouver un refuge. Elle avaitun double intérêt pour moi à l’époque oùl’Égypte était encore en notre possession :c’était un point de départ avantageux poury porter des secours.

Murat s’avança sans obstacle jusqu’à Fo-ligno.

Cependant la cour de Naples avait pres-senti le danger où les suites de la bataille deMarengo allaient la précipiter. Si la reineCaroline était égarée par ses passions con-tre nous, on ne saurait néanmoins lui con-tester un esprit supérieur. Elle se rendit àVienne, et de là à Pétersbourg , pour solli-citer l’appui de la Russie qui avait si puis-samment contribué à la ramener sur letrône.

Les projets de Paul I er sur Malte devaientnaturellement le porter à tout ce qui ten-drait à lui donner quelque considération àNaples 5 mais la prise de possession de Me,au nom de l’Angleterre, l’avajt tellementexaspéré, qu’il s’était décidé à faire causecommune avec moi. Il envoya M. Kalitschefà Paris, et Lewaschof en Italie . Les senti-ments de ce prince chevaleresque allèrentsi loin, que Louis xvm dut quitter Mittau pour se rendre à Varsovie .

Armistice de Foligno .

J’avais trop d’intérêt à satisfaire Paul, ettrop peu d’avantage à paralyser de grandesforces au fond de la presqu’île, pour ne pasécouter l’intercession de Lewaschof. Mu-I rat, d’après mes ordres, signa à Foligno un