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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
armistice avec la cour des Deux-Siciles , quinous donnait satisfaction sur tous les griefs,et qui consentait à l’occupation de la radede Tarente jusqu’à la paix générale.
Soult fut détaché avec 10 mille hommespour en prendre possession, et je lui pres-crivis de procéder de suite aux travauxnécessaires pour la mettre à l’abri des An-glais .
Murat s’était rendu à Rome , où le papelui lit bon accueil. Il assura le saint-siègede mes intentions pacifiques à son égard,et la bonne harmonie fut bientôt rétablieentre nous.
La paix, signé le 9 février à Lunéville ,mit fin à cette seconde coalition ; elle diffé-rait peu de celle deCampo-Formio. L’amen-dement principal concernait la Toscane cé-dée à l’infant de Parme, en transportant legrand-duc à Salzbourg . Cette clause étaitimportante en ce qu’elle appelait l’intervention de l’Espagne dans les affaires d’Italie ,comme sous Louis xiv et Louis xv , et qu’elleachevait d’en exhéréder la maison d’Autri-che, qui, maîtresse de Vérone et de Venise ,aurait pu y entrer plus facilement à l’aidede la Toscane .
Voici, au.reste, les principaux articles dece traité: i° l’empereur, stipulant soit enqualité d’empereur d’Autriche , soit au nomde l’empire germanique, cède la Belgique et toute la rive gauche du Rhin ; 2 ° il renonceà la Lombardie pour en former un état in-dépendant; 5° l’Autriche conservera enéchange les états de Venise jusqu’à l’Adige ,dont le Thalweg, depuis la sortie du Tyroljusqu’à la mer, formera la démarcation;4“ le duc de Modène reçoit le Brisgau enéchange de son duché, annexé à la républi-que cisalpine; 5° le grand-duc de Toscane renonce à ses états et à sa part de l’île d’Elbe ,
qui seront possédés par l’infant duc deParme, il recevra une indemnité pleine etentière en Allemagne; 6° la France remetKehl, Cassel et Ehrenbreitstein , à conditionque ces forts resteront dans l’état où ils se-ront remis ; 7° les princes dépossédés par lacession de la rive gauche du Rhin aurontune indemnité, prise en Allemagne dans lesein de l’empire ; 8° les républiques batave,helvétique, cisalpine et ligurienne, étantreconnues indépendantes par l’article h,leurs peuples auront la faculté d’adopterla forme de gouvernement qui leur con-viendra.
Cet article, quoique conforme aux prin-cipes du droit public et naturel, était ungerme inévitable de discorde, et l’on eutbientôt occasion de s’en assurer : ce qui estjuste n’est pas toujours sage en politique.
A tout prendre, le jour où cette paix futsignée me parut un des plus beaux de mavie, car il fut un des plus heureux pour laFrance ; elle était de nouveau grande et res-pectée : elle pouvait goûter le sommeil dulion, et se réveiller dans une attitude im-posante au sein de la prospérité.
Campagne de isoi. Affaires des neutres.
Au moment où je terminais avec tant d’a-vantages la guerre de la seconde coalition,des événements importants se préparaientdans le Nord , aussi bien qu’en Afrique .Pour tracer une esquisse des premiers, jeserai forcé de revenir un moment sur mespas.
La grande puissance des Anglais avaitdégénéré en despotisme insupportable. Lesneutres n’étaient pas plus épargnés que lesennemis.
Les principes du droit des gens avaientconsacré, même dans les temps les plusmalheureux, que les convois de vaisseauxmarchands, escortés de vaisseaux de ligne