CH AP. VI. CAMPAGNES DE 1800 A 1802.
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neutres, ne seraient point soumis à la visite;mais qu’en échange, les vaisseaux de l’étatne convoieraient ni munitions prohibées, nibâtiments étrangers. Ces dogmes salutairesétaient le dernier refuge du commerce eu-ropéen .dans les temps de guerre. Les An-glais violèrent sans pudeur tous les droitsjusqu’alors consacrés : ils saisirent de forceles convois destinés pour la France , ceuxqui portaient des marchandises françaises,ou dont les cargaisons se composaient d’ar-ticles utiles à la république.
Us attaquèrent et enlevèrent même desfrégates danoises et suédoises qui voulu-rent défendre les propriétés confiées à lagarde de leur honneur et de celui du prince,dont le pavillon serait ainsi flétri et hu-milié.
Avec un pareil droit maritime, le com-merce russe, danois, suédois , prussien,hollandais, serait entièrement à la merci ducabinet de St-James, et les nations ne pou-vaient reconnaître un tel ordre de chosessans renoncer à leur indépendance et auxsources les plus précieuses de leur prospé-rité.
Expédition des Anglais contre Copenhague .
L’Angleterre répondait aux justes récla-mations des cabinets, qu’elle devait fairetout ce qu’elle pouvait pour assurer sapuissance maritime, et qu’elle pouvaittout ce qu’elle voulait. Ces prétentions etl’usurpation de Malte, dont l’Angleterreprit possession en son nom au lieu de laremettre à l’ordre dont Paul i er avait éténommé grand-maître, indignèrent ce prince,ainsi que la Prusse , le Danemarck et laSuède . Tous crièrent aux armes , pour ré-sister à un monopole à la fois outrageant etdésespérant. On arma à Copenhague , àStockholm, à Cronstadt et à Reval. Unequadruple alliance unit les puissances du
Nord pour la conservation de leur honneuret de leurs droits.
L’Angleterre savait bien que, débarrasséde l’Autriche , je porterais tous mes effortsvers la marine. Il lui importait donc defrapper vigoureusement sur les puissancesdu Nord, avant qu’aucun grand plan pûtêtre concerté entre nous ; il fallait profiterde ce que les glaces retenaient encore les25 vaisseaux russes dans leurs ports, pourattaquer les autres.
Le cabinet de St-James, loin de céder àl’orage, fit donc partir aussitôt 20 vaisseauxet un ambassadeur pour Copenhague . L 'ul-timatum ayant été rejeté par l’influence ducomte de Bernstorf, Nelson força le passagedu Sund , opération qui lui réussit sanspeine, parce que les batteries de la côtesuédoise ne firent point feu. Il se présentadevant Copenhague , dont l’approche étaitdéfendue par dix vieux vaisseaux embossés,une foule de canonnières, et deux batteriesde terre formidables, à la droite et à lagauche de la ligne.
Bataille navale de Copenhague .
Le 2 avril, Nelson attaqua cette ligneavec 12 vaisseaux et plusieurs frégates, enpassant le long du banc de Mittelground ,qui coupc le détroit en deux ; un des vais-seaux échoua. Le combat fut terrible, ladroite de Nelson ne put rien contre labatterie des Trois-Couronnes, son centrefut abîmé par une canonnade violente; sa 900bouches à feu vomissaient la mort sur sesvaisseaux. Ils avaient si peu d’espace, ques’ils venaient à être dégréés, ils devaientéchouer sur le banc, où ils se trouvaientencore sous le feu de la ligne danoise . Laposition parut si hasardée, que l’amiral enchef Parker donna le signal de la retraite ;Nelson y répondit par le signal de combatà mort.