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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Cependant les Danois avaient beaucoupsouffert; plusieurs vaisseaux entièrementdésemparés flottaient au milieu des deuxpartis. Nelson, qui venait d’échouer avecson propre vaisseau et deux autres, imaginad’envoyer un parlementaire pour sauver lesblessés des bâtiments danois , qui, selon lui,avaient amené pavillon, mais dont il nepouvait s’emparer.

Armislice avec les Danois. — Mort de Paul I er .

Le prince royal, qui s’était couvert degloire en ne bougeant pas des batteries deterre et en préparant cette noble résistance,tomba dans le piège, et conclut une armi-stice. Bien que les conditions en fussent ho-norables pour les Danois , il donnait gainde cause aux Anglais . On assure que sanscela Nelson eût été fort embarrassé d’é-chapper. On ajoute aussi, pour expliquercet armistice, qu’au milieu du combat leprince de Danemarck avait appris la mortde Paul i er , qui devait changer tout le sys-tème de la confédération du Nord. Celan’est pas impossible; l’empereur avait effec-tivement péri dans la nuit du 22 mars, et ilpouvait se faire qu’on en fût instruit à Co-penhague le 2 avril.

Quoi qu’il en soit, le triomphe des Anglais à Copenhague et les dispositions pacifiquesénoncées par l’empereur Alexandre à sonavènement au trône, ajournèrent toutes lesespérances des neutres, et l’Angleterre, àla veille d’une crise menaçante, s’en tiravictorieusement.

Les Anglais descendent en Egypte .

Ses armes n’avaient pas été moins heu-reuses en Égypte . Le résultat de la batailled’Héliopolis avait fait sentir au cabinet deSt-James la nécessité de prendre un partidécisif. La tournure des affaires en Italie rendait un corps nombreux disponible.

Abercrombie fut destiné à le conduire surles rives du Nil . Il descendit le 8 mars àAboukir avec 16 mille hommes, suivis deprès de 6 autres mille. Il devait se concerteravec l’armée du grand-visir qui débouche-rait de Syrie par le désert, et avec le corpsde Baird venant de l’Inde par Suez . SiMenou eût été un homme de tête, il eûtpu battre ces corps séparément, et jeter lesAnglais à la mer, comme j’y avais jeté lesTurcs. Mais il se morcela lui-méme, re-poussa les conseils de ses généraux, et fitbattre ses corps en détail. Après avoir perdula bataille d’Alexandrie , où Abercrombietrouva une mort glorieuse, le général fran-çais fut réduit à se jeter dans la place, tandisque Belliard, laissé avec trop de monde auCaire , y était investi par les Turcs réunis àHntchinson.

Pouf comble de malheur l’amiral Gan-theaume, que j’avais expédié avec 6 millehommes de renfort, parut trois fois sur lescôtes d’Égypte sans avoir le courage ou l’a-dresse de débarquer; il revint autant de foisà Toulon , en sorte qu’il ne resta à Belliardet à Menou qu’à signer successivement destraités d’évacuation.

Pitt quitte le ministère.

Dans ces entrefaites, Pitt avait senti quela guerre n’avait plus de but légitime, etqu’il était temps d’en finir. Avant même quela flotte de Parker n’appareillât de, Yar-mouth, il s’était décidé à faciliter un rap-prochement. Il se retira, et le ministère quilui succéda s’empressa de renouer avecOtto, qui se trouvait toujours à Londres ,les négociations interrompues à la fin deisoo.

Situation de la France .

La république prospérait de jour en jour;un de mes premiers soins, en arrivant augouvernail, avait été dirigé vers les finan-