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NAPOLÉON AU TRIBUNAL I)E CÉSAR, ETC.
recettes à la moitié des sommes indiquéesdans les budgets ; il pourvoyait aux besoinspar des délégations sur des coupes de boisinouïes ordonnées dans les domaines na-tionaux, par des emprunts forcés odieux,par l’argent que lui avait fourni l’Italie , etpar une dette flottante ruineuse.
Pour mettre de l’ordre et de la facilitédans les recettes, je les fis diviser pardouxième de mois en mois. Les receveurs-généraux durent souscrire des obligationsmensuelles pour toutes les cotes foncières,mobiliaires et personnelles : en sorte que letrésor, certain de ses moyens, avait, dès lepremier janvier, à sa disposition le capitalnécessaire pour assurer tous les genres deservice. L’ordre dans la comptabilité et dansla dépense fut mis de pair avec celui desperceptions; la confiance se rétablit promp-tement.
A la vérité, je fus forcé d’établir une es-pèce de chambre ardente pour réparer lesgaspillages qui s’étaient introduits dans lesfournitures, dans la vente des domaines na-tionaux, dans les coupes de bois. L’impi-toyable Defermont fut mis à la tête de cetteliquidation, qui, juge et partie en mêmetemps, tranchait un peu révolutionnaire-ment, mais qui épargnait à l’état le désagré-ment d’être dupe d’avides traitants et d’igno-bles usuriers.
Grâce à toutes ces sages mesures, notrebudget de dépenses, qui s’éleva successive-ment de 680 jusqu’à 800 millions, fut con-stamment assuré ; le service du trésor ne futjamais en souffrance un seul moment, si l’onen excepte deux ou trois jours de crise oc-casionnés par la faute de son ministre; lesrentiers, les fournisseurs, les fonctionnai-res, l’armée, la flotte, furent régulièrementpayés. Le crédit public monta au niveau del’intérêt de l’argent; une caisse d’amortis-sement fut créée pour lui donner plus de
garanties; et la France , dont les économespolitiques à la solde de l’Angleterre annon-çaient chaque jour la dissolution faute d’ar-gent, ne fut jamais dans une situation plusprospère qu’à cette époque.
Tout, dans l’intérieur, marchande niveauavec les finances, la politique et la guerre :des codes importants se préparaient dans lerecueillement; la liste des émigrés était ré-duite à mille individus notés comme provo-cateurs de troubles ou chefs de partis; tousles autres, au nombre de plus de 100 mille,étaient rappelés, et on leur restitua les biensnon vendus, à l’exception des seules forêtsexcédant m arpents, qui furent ajoutéesau domaine, et des droits sur les canauxpublics. L’instruction, tombée dans les dés-ordre, fut réorganisée par un décret (i ermai 1802) : Fourcroy et Fontanes en prirentsuccessivement la direction.
Les factions semblaient se taire; tantd’éclat les comprimait. La Vendée s’éteignaitpeu à peu : le départ de Puisaye pourl’Amérique , et la mort de Frotté pris et fu-sillé au moment où il voulait tenter un nou-veau soulèvement en Bretagne , laissèrentle parti sans chef reconnu. Georges, le plusaudacieux, s’était vu forcé à chercher unrefuge en Angleterre, et les autres, lasd’être instruments et victimes, ne songeaientqu’au repos. Les jacobins mêmes étaient for-cés d’applaudir à ma victoire, car elle leurprofitait autant qu’à moi. Je n’avais plus derivaux.
Nécessité d’un nouveau système religieux.
Il ne restait, pour achever l’entière paci-fication de la France , qu’à relever les autelsrenversés dans les moments de la plus vio-lente anarchie. Le clergé était dans unschisme complet depuis sa fameuse consti-tution civile de 1791 ; les églises étaient dé-sertes et tombaient en ruine. Je crus devoir