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Tome premier.
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CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807 .

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bien dirigés, et que nous agirions avec plusde chances au retour de la belle saison.

Les Russes , de leur côté, cantonnèrentaussi dans les environs de Lomza . Le vieuxKamenski avait abandonné le commande-ment : il fut remplacé par Benningsen ,que sur sa parole on avait cru victorieuxparce qu’il avait repoussé une attaque isolée.

Affaires en Silésie .

Nos affaires allaient mieux en Silésie ,province doublement importante par sesnombreuses forteresses et par sa positionrelative à l’Autriche. La place de Glogau ,attaquée par les Wirtembergeois sous lesordres de Yandamme, s’était rendue ausimple aspect d’un équipage de siège forméde pièces prussiennes de l’arsenal de Cus-triri. Breslau fit plus de résistance. Cettegrande ville, peuplée de 60 mille âmes et àcheval sur l’Oder , présentait une enceintepresque égale à celle de Strasbourg . Lesouvrages n’étaient pas dans le meilleur état,et ils sont en général d’un mince relief, etla plupart dénués de revêtement. Mais enfinc’était une enceinte bien bastionnée, dé-fendue par 6 mille hommes et une popula-tion de 60 mille âmes. Le générale Thielefit d’abord bonne contenance ; deux fois leprince d’Anhalt Pless s’avança à la tête dequelques bataillons prussiens et 5 à 6 millepaysans de la haute Silésie pour le délivrer.Les sages dispositions de Vandamme et lavaleur de nos alliés triomphèrent de tousces obstacles. La forte gélée ayant pris lesfossés plein d’eau, Yandamme menaça d’unassaut : la place capitula le 7 janvier, et lagarnison demeura prisonnière 5 nous y cap-turâmes 300 pièces de canon. Brieg etSchweidnitz essuyèrent le même sort. Cettedernière place, qui avait fait l’objet de plu-sieurs campagnes sous le grand roi, tombaen silence au bout de peu de jours sans que

l’Europe même s’en aperçût. La nouvellede ces conquêtes me consola des boues dePultusk . Je devais espérer qu’elle agiraitpuissamment sur le cabinet de Vienne , enlui ôtant tout espoir d’appui en Silésie .

Benningsen attaque ma gauche.

Les armées principales ne jouirent paslongtemps du repos qu’elles se promettaientdans leurs cantonnements d’hiver : cher-chant à étendre la sphère de mes approvi-sionnements et à fermer aux ennemis l’accèsde Dantzick, j’avais poussé le corps deBernadotte sur Elbing . Ney devait couvrirl’intervalle qui nous séparerait en s’établis-sant à Mlava; mais le défaut de vivres etun excès d’activité l’en firent sortir pourpousser jusqu’à Iieilsberg. Benningsen,ayant réorganisé son armée et se voyant àla veille d’être renforcé par deux divisionsvenues du corps de réserve, s’ébranla aumilieu de janvier. Les uns prétendent,qu’ayant reçu l’ordre de tout faire pourcouvrir Kœnigsberg , dernier noyau quirestât de la monarchie prussienne et der-nier asile de son roi, il fut déterminé parle mouvement de Ney à marcher par sadroite pour venir barrer le chemin de cettecapitale; d’autres pensent que le mouve-ment hasardé du 6° corps lui fit concevoirl’espérance de l’entamer. Quoi qu’il en soit,il résolut de se jeter sur ce corps ; et, bienqu’il engageât ainsi son armée dans unefausse direction stratégique, il est constantque, grâce à la trouée faite par le départde Ney, l’entreprise aurait pu nous devenirfatale, si elle eût été exécutée plus habile-ment et plus vigoureusement.

Ayant laissé le général Essen avec unedivision sur la Narew , où il fut bientôtjoint par les deux autres qui venaient ducorps de Moldavie , Benningsen se portaavec les sept divisions qui lui restaient par