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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Bischoffstein et Heilsberg sur Gutstadt; in-dépendamment de ces divisions, les troisbrigades légères des généraux Barclay,Baggavout et Markof formaient un corpsd’avant-garde sous les ordres du princeBagration . Le corps prussien de Lestocqsuivit ce mouvement en marchant par Schip-penbeil et Barteinstein sur Preuss-Holland.C’eût été fait de Ney, si l’armée russe s’é-tait dirigée de Johanisbourg sur Neiden-bourg; mais, au lieu de tomber sur laqueue de son corps disséminé dans unespace de 25 lieues, en colonnes par régi-ments, elle fît un long détour pour gagnersa tête et le refouler sur la ligne de retraite ;cette faute lui permit de se concentrer dansl’excellente position de Gilgenbourg.

Bernadotte , averti à temps de l’approchedes ennemis, réunit son corps à Mohrun-gen. Il y fut attaqué, le 25 janvier, par l’a-vant-garde russe qu’il rejeta sur Liebstadl.Mais cette avant-garde ayant été soutenuepar le gros de l’armée russe, Bernadotte dut se mettre en retraite sur Strasbourg .Benningsen le suivit par Osterode versLobau.

Ces événements m’affectèrent d’abordavec raison; car ils me forçaient à recom-mencer la campagne au milieu de l’hiver ;le froid était vif; la Vistule et la Narew charriaient d’énormes glaçons, qui d’uninstant à l’autre pouvaient entraîner nosponts; la terre était couverte de neige;nos magasins n’étaient pas abondants, et,eussent-ils été pleins, les moyens de trans-port nous manquaient : à la vérité, lavieille Prusse est un pays superbe, qui nele cède en fertilité à aucun autre de l’Eu-

[1] La vieille Prusse offre à côté de la Pologne leplus beau triomphe de la civilisation sur la barba-rie, et des lumières sur l’obscurantisme. D’un côté,des villes nombreuses, industrieuses, dans l’aisance,des fermes riches, une culture admirable; de l’au-

rope [1]. Je désirais gagner la belle saison ,et craignais, s’il venait à dégeler, la répéti-tion des scènes de Pultusk : je ne voulais pasrisquer un Pultava. Toutefois, j’entrevisaus-sitôt la possibilité de faire tourner ces con-trariétés à notre plus grand avantage, en res-saisissant l’occasion qui nous avait échappé,de couper et d’anéantir l’armée russe.

Je me porte avec toute mon armée ati secoursde la gauche.

J’envoyai l’ordre à Bernadotte de con-tinuer à attirer l’ennemi sur la Vistule . Udevait avoir pour point d’appui le petitcorps d’armée que le maréchal Lefebvrevenait de réunir à Thorn. Tous les autrescorps reçurent ordre de lever leurs can-tonnements. Le 31 janvier, celui deLannesse réunit à Brock; Davoust à Mysynitz;Soult et la cavalerie à Willenberg, et Au-gereau à Neiderthourg; enfin celui de Neyse rapprocha de Willenberg où j’établismon quartier-général. Le corps de Lannesdemeura sur la Narew , pour couvrir mesderrières et contenir les troupes que lesRusses avaient laissées sur celte rivière.Avec mes quatre autres corps et la cava-lerie, je résolus de marcher sur les derriè-res de Benningsen dans l’espérance de luifaire éprouver le sort des Prussiens à Iéna .

Le i er février, nous nous mimes en mar-che ; et, le 3, je me trouvai à Allenstein avecla cavalerie et les colonnes de Soult, d’Au-gereau et de Ney ; Davoust arrivait à War-tenberg.

Un officier pris dévoile mon projet.

Tout semblait concourir à la réussite de

Ire, de chétifs hameaux, des bulles à eôtédequelquespalais, et pourtant le sol ne diffère en rien. Lesmœurs, le gouvernement et la religion, voila ce quiconstitue les nations.