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Tome premier.
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CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.

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mes projets. Benningsen avait donné têtebaissée dans le piège; son attention étaitfixée sur Bernadotte , qu’il poursuivait fran-chement. Il courait en aveugle à sa perte.Un hasard très-malheureux pour nous vintl’éclairer sur sa position et me ravir le fruitd’une des plus belles combinaisons que j’aiefaites. Un aide-de-camp dépêché par Ber-thier à Bernadotte se laissa prendre par lesCosaques. Ses papiers, qu’il n’eut pas l’a-dresse de détruire, apprirent aux Russesnos projets et les dangers dont ils étaientmenacés. Us se hâtèrent de regagner à mar-ches forcées leurs communications. A cemalheur, il faut ajouter que Bernadotte n’ayant point reçu mon ordre, ne fit riende ce qui lui était prescrit.

Souît combat à Bei-glried.

Le 3 , nous trouvâmes les Russes en ba-taille à Jonkowo ; leur gauche appuyée àl’Aile. Les Prussiens, qui s’étaient portésplus à droite, se concentrèrent à Osterode.

Cependant, jejie désespérais pas encorede tourner la gauche des ennemis. J’établisle gros de mes forces en face de leur arméeà Jonkowo. et je dirigeai ma droite aux or-dres de Soult par la droite de l’Aile , sur lepont de Bergfried, situé au-delà de leurflanc. Si Soult avait pu déboucher à Berg-fried sur les derrières des Russes , la jour-née eût été décisive ; mais ils défendirent lepont avec tant d’opiniâtreté, qu’il nous futimpossible de nous en emparer avant la nuit.Benningsen profita de l’obscurité pour seretirer à Wolfsdorf.

Combat de Landsberg.

Contrarié de voir que l’ennemi nous échap-pait encore, je voulus du moins le pousservivement. Il continua sa retraite par Frauen-dorf et Landsberg sur Preuss-Eylau. Sonarrière-garde, entamée le 4 et le s , le fut

plus sérieusement lee à Hof et à Landsberg.Il est vrai qu’elle s’y maintint avec beaucoupd’aplomb contre le grand-duc de Berg, quis’obstinait à faire passer les brigades l’uneaprès l’autre par le défilé d’un ruisseau ma-récageux. Enfin les cuirassiers renversèrenttout devant eux, sabrèrent deux bataillonset firent isoo prisonniers.

Combat de Liebstadt .

La retraite précipitée des Russes isolaitles Prussiens. Lestocq voulut d’abord per-cer sur Deppen ; mais son avant-garde futrencontrée, le 5, à Waltersdorf par le corpsde Ney qui avait déjà passé la Passarge àDeppen. Elle combattit bravement, et la ca-valerie de La Roche Aymon surtout y acquitde la gloire ; mais, ayant à faire à trop fortepartie, elle fut complètement défaite et per-dit 16 canons et beaucoup de prisonniers.Le gros du corps n’échappa à la destructionqu’en forçant de marche : il franchit laPassarge à Spanden et arriva, le 7 , à Hus-sehnen entre Preuss-Eylau et Zinter.

Bataille d’Eylau .

Les Russes s’arrêtèrent dans une posi-tion en arrière de Preuss-Eylau. Leur ar-rière-garde, qui s’était établie en avant dela ville, fut dépostée, le 7, après un combatsanglant, digne prélude de la boucherie dulendemain : il fit honneur aux générauxMarkof et Barclay qui commandaient cettearrière-garde, et à l’infanterie de Soult quiles attaquait. Le mamelon situé près deTenkniten coûta cher auis 0 de ligne; nousen restâmes les maîtres après de vigoureuxefforts. Le choc ne fut pas moins rude dansEylau : Barclay de Tolly , soutenu par ladivision du prince Galitzin, y rentra deuxfois au milieu des ténèbres, et ne la cédaune troisième fois qu’à la vigueur de la di-vision Legrand. Nous occupâmes la ville