CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.
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par des promesses. Le marquis d’Alme-nara, ministre d’Espagne, le seconde detout son pouvoir, et partage avec lui laconfiance publique.
Tout prend aussitôt une face nouvelle :à la froide apathie et à la gravité musul-mane, succède un feu électrique qui se com-munique jusqu’aux vieillards et aux enfants;chacun veut avoir l’honneur de concourirau salut de la capitale; les uns font des sau-cissons et des fascines ; d’autres construi-sent les batteries, y traînent les canons : enquatre jours près de 300 pièces sont placéesau point du plus pressant danger. La tourde Léandre est armée du plus gros calibreet de grils à boulets rouges. Cent chalou-pes canonnières et l’escadre embossée dé-fendent Betchitacha et l’entrée du Chénalentre Péra et le sérail, où se trouvent lesétablissements maritimes de l’empire. Lesultan assiste lui-même aux travaux. Aubout de huit jours, qu’on a gagnés en né-gociant, 500 pièces sont déjà braquées sur laflotte ennemie, et deux cents Musulmans fa-natisés montent des radeaux-brûlots, prêtsà se dévouer. Arbuthnoth, malade, laisse àl’amiral le soin de terminer une négocia-tion où les Turcs montrent plus de fiertéà mesure que leurs préparatifs s’avancent.En même temps Ismaël pacha, ancien visir,est envoyé aux Dardanelles , où il imprimela même activité pour armer et fortifier leschâteaux.
Duckworth, se voyant sur le point d’êtreinvesti dans la mer de Marmaira, se décidaenfin à la retraite. Le 2 mars, le vent tourneà l’est, et il en profite pour repasser les Dar-danelles , salué par l’artillerie des forts, qui,un peu mieux servie cette fois, endomma-gea deux de ses meilleurs vaisseaux et couladeux corvettes. Cette audacieuse éehauffou-1.
rée coûta aux Anglais deux cents tués etcinq cents blessés, et pouvait leur coûtertoute leur flotte, s’ils avaient eu affaire àdes ennemis plus entreprenants et plus ex-périmentés. Sébastiani montra dans celteoccasion autant d’habileté que d’énergie, etsa conduite nous valut une victoire.
Ce fut un grand bonheur que cette en-treprise ait échoué; car le résultat immé-diat en eût été la paix entre la Porte et laRussie , en sorte que l’armée entière de Mi-chelson n’eût pas manqué de refluer contrenous. Déjà 25 mille hommes en ôtaient par-tis pour se porter sur le Bug.
Cependant la perte éprouvée par les An-glais n’avait pas été si forte qu’ils ne pus-sent avoir envie de renouveler l’entrepriseavec de plus grands moyens; et cette crainteseule était capable de faciliter la paix entrela Russie et la Turquie , si la première, em-barrassée de nous tenir tête, renonçait auxprincipautés. Pour encourager Sélim, jerésolus de lui offrir tous les secours quiétaient en mon pouvoir. Le vice-roi d’Italie reçut l’ordre d’envoyer les colonels Haxodu génie et Foy de l’artillerie, officiers dis-tingués et capables de mettre en peu detemps les Dardanelles à l’abri d’insulte. Jefis aussi écrire la lettre suivante à Marmont,qui occupait Raguse .
« L’ordre de l’empereur, général, est que<■ vous fassiez sur-le-champ partir tout ce« qui vous reste d’officiers du génie et d’ar-« tillerie avec un corps complet de 6 cents» hommes artilleurs, sapeurs et ouvriers,« pour se rendre à Constantinople ; vous fe-« rez armer de bons fusils et bien équiper« cette troupe; vous ferez partir avec ces« 6 cents hommes, pour trois mois de solde« et même plus, si vous avez de l’argent ;« les ouvriers doivent emporter avec eux« les outils les plus utiles, qu’on ne trouve-« rait pas à Constantinople , et les officiers
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