CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.
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tance dans l’état des choses au nord del’Allemagne . L’Angleterre, qui promettaitdepuis longtemps un secours plus efficaceque celui de ses guinées, se disposait enfinà tenir parole. Déjà le nouveau ministère,jaloux de se signaler par un coup d’éclat,préludait à l'envoi de ce secours par desprojets d’opérations tendant à réunir surnos derrières 40 mille Anglo-Hanovriens,20 mille Suédois, 15 mille Russes , et tous lesPrussiens qu’on pourrait rallier à Stralsund .
Sans donner à ces grands projets de meprendre entre deux feux plus de prix qu’ilsn’en méritent, il n’est pas moins vrai qu’unepareille diversion m’eût un peu embarrassé,si elle eût été faite à temps opportun. On areproché avec raison aux Anglais de s’yêtre pris trop tard : s’il est vrai qu’il leurfallut du temps pour une expédition loin-taine, et s’ils ne purent combiner celle-làqu’après mon passage de la Vistule , rien nes’opposait du moins à ce qu’ils parussent àla fin d’avril dans la Baltique . Déjà une fortelégion hanovrienne, organisée récemment,avait été mise à Stalsund à la disposition duroi de Suède; les Prussiens y rassemblaientun corps dont le noyau élait de 4 à 5 millehommes ; mais on s’en tint à ces démarchesinsuffisantes.
Formation de l’armée d’observation sur l’Elbe .
D’ailleurs, persuadé que l’Angleterre nemanquerait pas de troubler, de tout sonpouvoir, notre sécurité dans ces contréessoumises si longtemps à son influence, j’a-vais rassemblé, comme je l’ai déjà dit, uncorps d’observation sur l’Elbe . Deux divi-sions françaises venues d’Italie sous Boudetet Molitor, les troupes gallo-bataves avec les-quelles mon frère Louis avait soumis Ha-mcln et le Hanovre, enfin le corps espagnol de La Romana arrivé dans le courant dt:mars, formant avec quelques autres déta-
chements un effectif de 50 mille hommes,me semblaient plus que suffisants pour ar-rêter la première impulsion d’une descenteopérée par tant de troupes hétérogènes. Lemaréchal Brune, qui en prit le commande-ment, eut l’instruction de défendre les em-bouchures de l’Elbe , de l’Ems et du Wéser;de tenir en échec la Poméranie suédoise,de garantir particulièrement Berlin , Mag-debourg, Hameln et Stettin . Si un débar-quement était effectué par l’ennemi, il devaitaussitôt réunir toutes ses forces pour lefaire rembarquer ; sa i re ligne cantonneraitentre le Wéser et l’Oder ; son quartier-gé-néral serait à Schwerin , et les deux divisionsfrançaises, l’élite de ses forces, en réserveà Magdebourg .
Il tenait ainsi en respect Lubeck, Ham-bourg, Berlin et même Amsterdam . Mor-tier lui laissa encore les divisions Loison etGrandjean employées au siège de Colberget à Stettin , et se dirigea avec deux autresvers Dantzick.
Expédition des Anglais en Egyjde.
Le ministère anglais , qui opposait la fai-blesse de ses forces de terre aux sollicita-tions de ses alliés, savait bien trouver destroupes quand il s’agissait de ses avantagesmaritimes. Au moment où il se faisait tirerl’oreille pour l’expédition de la Baltique , sesarmes éprouvaient un affront en Égypte età Buenos-Ayres .
Piqués du peu de succès de leurs tenta-tives sur Constantinople, les Anglais voulu-rent s’en venger sur les rives du Nil . Jalouxde profiter de l’intérêt momentané qu’ilsavaient à soutenir la Russie contre la Portepour s’emparer de ce riche grenier de l’O-rient, ils espéraient le faire d’autant plusfacilement, qu’ils comptaient sur l’appui desMamelucks et des paisibles habitants du paysfoulé par le pacha d’Égypte . Le projet du