560
NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
cabinet de Londres était d’y rétablir la puis- !sance des Mamelucks sous sa protection, etde former avec eux une alliance qui lui as-surerait le commerce de ce pays et l’in-fluence politique et militaire de tout le Le-vant.
Le général Mackenzie, parti de Sicile avec 5 mille hommes, descendit le « mars ;à Aboukir et entra par capitulation dansAlexandrie , où le commerce lui avait mé-nagé des intelligences. Le général Fraser,revenu des Dardanelles avec l’escadre deDuckworth, descendit avec des renfortspeu de jours après. Il détacha aussitôt 2mille hommes pour s’emparer de Rosetteet assurer la jonction avec les Mamelucks .Les Albanais de Méhémet-Ali laissèrentpénétrer la colonne anglaise dans les ruesétroites de cette ville, l’assaillirent dans cecoupe-gorge par un feu meurtrier, et la for-cèrent à fuir avec grande perte sur Alexan-drie . Fraser, sentant la nécessité de se mettreen communicat ion avec les Mamelucks qu’onannonçait vers Elhammed, envoya de nou-veau le général Stuart à Rosette. Mais Méhé-met-AüdescendantleNil avec sa flottille fail-lit l’enlever, et le ramena jusqu’à Alexandrie avec perte de 1200 hommes. Fraser, rebuté etprêt à être lui-même investi, proposa l’éva-cuation d’Alexandrie et de l’Égypte contrela remise des prisonniers.
La Porte, indignée dé ce nouvel attentat,déclara enfin la guerre à l’Angleterre, armaune escadre de neuf vaisseaux et l’envoyaaux Dardanelles , où la flotte russe de l’ami-ral Siniavin était venue remplacer celle deDuckworth, et s’était emparée, le 21 mars,de l’ile de Ténédos .
Pendant que mes préparatifs guerrierscontrastaient avec le calme qui régnait dansles cantonnements des deux armées sur la 1
! Passarge, je profitais du temps que l’enne-ini me laissait pour faire tomber tout ce quime gênait sur les derrières. La conquête dela Silésie allait bon train : Gtogau, Breslau ,Brieg et Schw’eidnifz avaient déjà capitulé.Neiss, Cosel et Glatz allaient éprouver lemême sort ; mais il me restait encore à ré-! duire Colberg. Graudentz et Dantzick. Jefis assiéger cette dernière et bloquer les deuxautres.
Siège et prise de Dantzick.
Dantzick, défendue par le général Kal-kreuth et le célèbre ingénieur Bousmard,avait une garnison de 12 mille Prussiens etde trois bataillons russes . Le siège d’unepareille place est une grande entreprise.Le maréchal Lefebvre en fut chargé avecle 10 e corps, composé de Polonais, de Ba-dois, de Saxons et de quelques bataillonsfrançais . Lannes fut placé en observalionavec les grenadiers d’Oudinot; le 5 e corps,qu’il avait commandé jusque là, passa sousles ordres de Masséna, renforcé par la divi-sion bavaroise de Wrède. Le siège de Dant-zick, commencé le I er avril, fut poussé avecvigueur. Dès le i' r mai, la place se trouvabattue sérieusement et de près. L’île d’Oliva,gardée par un millier de Russes , fut enlevéele 6 avec sa garnison. La place réduite auxabois demandait du secours
L’empereur Alexandre s’était rendu, àcette époque, de Pétersbourg à Memel , soitpour prendre en personne le commande-ment des armées, soit pour se rapprocherdu théâtre des négociations. Il vint s’établirà Bartenstein , et un conseil de guerre futconvoqué pour aviser aux moyens de déga-ger Dantzick : une attaque générale con-| tre mon armée sur la Passarge fut écartéecomme dangereuse. On s’en tint au projetde débarquer, sous la protection du fort de1 Weichselmunde, une division de 9 à 10 mille