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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR. ETC.
cadrons, en y comprenant les grenadiers;mais malgré cela elle ne pouvait pas mettreen ligne plus de 120 à 130 mille hommes, eny comptant le corps prussien de Lestocqet celui resté sur la Narew . A la vérité,une armée de réserve, formée de dépôts etcomptant ao mille hommes, s’avançait surle Niémen aux ordres du prince Labanoff.L’empereur Alexandre avait pris le parti dese rapprocher de l’armée, pour être plus àportée de veiller sur les négociations ou surles opérations militaires. Son quartier-géné-ral se trouvait à Tilsit, et la cour de Prusseà Memel .
Mon armée avait aussi été jointe par depuissants renforts, outre les dépôts né-cessaires pour reporter les régiments aucomplet; elle avait reçu les divisions Oudi-not, Verdier, Dombrowski et Dupas, quivenaient de Dantzick ( corps de Lannes etde Mortier ). Grâce à mon activité, le per-sonnel et le matériel étaient dans le meilleurétat. A peine se ressentait-elle des sanglan-tes scènes d’Iéna , de Pultusk et d’Eylau.Les Polonais avaient levé près de 20 millehommes, formant deux divisions sous lesgénéraux Dombrowski et Zayonschek.
Les sept corps dont ma grande armée secomposait formant 19 divisions, outre lagarde et la cavalerie de Murat, pouvaientêtre estimés à rro mille hommes. J’avaisainsi une supériorité marquée, dès que lestroupes du siège de Dantzick me rejoignaientavant l’arrivée du prince Labanoflf.
Pour parer à cette infériorité et se don-ner un bon appui en première ligne, Ben-ningsen avait construit un camp retranchétrès-fort près de Heiisberg, à cheval sur lesdeux rives de l’Aile. Il se composait de cinqgrands ouvrages, fermés de trois côtés, etde seize flèches ou batteries retranchées. Legros de l’armée était entre eette ville etBarfenstein; la droite, sous Tolstoy entre
Launen et Siegbourg; un corps à gaucheentretenait la communication avec celuid’Essen , qui commandait toujours versOstrolenka . Les Cosaques de Platoflf cou-vraient tout le front.
Grâce à l’avantage inappréciable de lamer, les alliés avaient fait,duport de Kœnigs-berg un dépôt immense de munitions etde vivres. Leur armée était abondammentpourvue de tout; 100 mille fusils, récem-ment débarqués de Pétersbourg et de Lon-dres , devaient servir à armer les Prussiensque le roi lèverait, et à remplacer aussi lespertes résultant des chances de la guerre;plus de 100 bâtiments chargés de munitionset de vivres, n’y laissaient manquer de rien.C’était fort bien de se servir de Kœnigsberg comme un dépôt passager ; mais cette place,adossée au cul-de-sac du Curishaf, n’étaitpoint convenablement placée pour en faireune base stratégique; il eût mieux valufaire remonter les magasins à Gumbinen.Cette faute influa sur tous les événementsde la guerre.
Mon armée, quoique moins richementpourvue, vivait cependant assez bien, grâceà la richesse de la vieille Prusse et aux iné-puisables environs d’Elbinget de Dantzick.
/.es Russes m’attaquent trop tard.
Telle était la situation respective des ar-mées, quand le retour de la belle saison, lachute de Dantzick et les dissidences de lapolitique nous firent rentrer en campagne.
Par une inconséquence inexplicable, Ben-ningsen, qui avait négligé de m’attaquerpendant que j’étais affaibli par l’absence descorps employés au siège de Dantzick, se miten tête de le faire après avoir reçu la nou-velle de la reddition de cette place, et sansattendre l’arrivée de ses réserves. Mon ar-mée, rétablie et recomplétée, occupait laposition suivante ; Une division bavaroise