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Tome premier.
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CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.

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ma cause comme gagnée; comment ne l’au-rais-je pas cru moi-même?

Cependant cette paix a trouvé beaucoupde détracteurs parmi ces aristarques de sa-lons qui imaginent qu’on fait un traitécomme un décret : les uns me reprochaientd’avoir trop humilié la Prusse ; d’autres, etc’était le plus grand nombre, prétendaientque j’aurais dû profiter du parti libéral quis’y trouvait en forces pour achever de dé-trôner Frédéric-Guillaume , dont je m’étaisfait un ennemi irréconciliable par la spolia-tion de la moitié de ses états. La prompti-tude de la déroute des armées prussienneset le brillant accueil que j’avais reçu à Ber-lin m’avaient prouvé, il est vrai, que cetteguerre n’avait pas eu l’assentiment de lamasse du peuple. On en a faussement con-clu que j’aurais dû profiter de cette décou-verte pour organiser la Prusse démocrati-quement. J’avais arrêté les révolutions, etce n’était pas dans mes principes de les pro-pager. Je craignis d’ailleurs d’éprouver tropd’obstacles de la part des puissances voisi-nes, intéresséesà s’y opposer. LaRussie n’eûtpas traité à de telles conditions, et l’Autri-che était encore là pour y mettre obstacle.

Motifs de ma conduite avec la Prusse.

Le système sur lequel j’avais fondé l’em-pire n’était pas bien vu de toutes les ancien-nes dynasties; mais il ne faut pas en con-clure, comme tant de beaux parleurs l’ontfait après l’événement, qu’une guerre àmort fût inévitable entre nous. On se trompefort si l’on croit que la maison de Brande-bourg ne vit en moi qu’un agent de la révo-lution : sa conduite envers moi depuis sixans, l’alliance de la cour de Madrid , la con-duite des cabinets de Berlin, de Copenha-gue , prouvent assez que l’existence de montrône s’accordait fort bien avec la leur.

Toutes mes démarches avaient tendu à

ramener la France vers les institutions deses voisins ; et ceux qui m’observaient de-vaient apprécier les efforts que je faisaispour réconcilier la révolution avec l’Eu-rope . Mais tout en fondant l’autorité royalesur de nouveaux éléments, je voulais con-céder ce que demandait l’esprit du siècle.

I.a propagande était-elle utile et convenable ?

Pour tirer le plus grand parti possiblede ma situation et de mes succès, et pourdonner à l’empire une force auxiliaire quiassurât sa durée, j’avais à choisir entre troismoyens : il fallait ou m'appuyer sur les na-tions, ou ne traiter qu’avec leurs gouver-nements, ou enfin chercher à me concilierl’un et l’autre. Le pire de tous les systèmesétait d’humilier les rois et de morceler leursétats sans rien faire pour les peuples.

Pour m’appuyer uniquement sur la massedes nations, il aurait fallu semer l’anarchiepartout, et renverser aussi bien la formeque le personnel des gouvernements, parcequ’on ne fait pas les révolutions en gardantles mêmes hommes et les mêmes choses.Or, c’était bien là un moyen inévitable d’a-mener une guerre à mort entre ma dynas-tie et tout ce qui m’entourait.

Valait-il mieux agrandir la Prusse?

Il n’y eut qu’un moment dans toute macarrière où j’aurais pu appliquer en Prussele 3 e de ces moyens, et m’attacher à la foisle prince et la nation; c’était au commence-ment de 1806 . Dès que la guerre eut éclaté,la chose devint impossible. La cour s’étaitjetée à corps perdu dans les bras de mesennemis; la nation, foulée par la guerre,sentait son humiliation. A la vérité, le peu-ple était très-porté à adopter les institu-tions qui régissaient l’empire; mais ce n’é-tait pas les principes révolutionnaires qu’illui fallait. La faute qui avait séparé mes