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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.

intérêts de ceux de la maison de Brande-bourg était commise : nous ne pouvionsnous raccommoder que d’une manière. Ilaurait fallu rendre au monarque desétats équivalents à ceux qu’il avaitperdus, et le déterminer à cette condi-tion à contracter alliance avec moi. Toutcela eut été fort bien avant la guerre, aumoment où l’on aurait pu offrir la prési-dence de la confédération du Rhin à Fré-déric-Guillaume et compter encore sur lui ;mais après Tilsit, il n’y aurait eu d’autremoyen que de lui sacrifier le Hanovre etla Westphalie , ou de lui conférer le titrede roi de la grande Pologne , non commeprovince prussienne, mais comme état sé-paré. Après les relations intimes qui s’é-taient établies entre ce prince et l’empereurAlexandre, une telle donation eût-elle étébien prudente? n’était-ce pas fournir desarmes à mes adversaires : d’ailleurs laRussie eût-elle consenti à reconnaître ceroyaume? Je laisse aux diplomates à déciderla question; mais, quoique je l’aie résoluenégativement, j’aurais mieux aimé ce parti-là que celui d’une démagogie intempestive.A quoi en effet le système de propagandenous a-t-il tant servi? Ce n’est certes pasen Italie , où tout le pays a été insurgécontre nous, à l’exception de quelquespatriotes des villes. S’il procure des amis,il soulève aussi tous les intérêts contraires;et les intérêts existants ont plus d’armespour se défendre, que les intérêts nouveauxpour acquérir. Le système de propagandea été utile quelquefois comme contrepoids ;il n’a jamais été la cause ni l’agent de nossuccès. Pichegru seul a trouvé en Hollandeun puissant appui. Mes victoires n’ont jamaisété aussi grandes que de isos à îsio, alorsque je n’apportais plus aux peuples l’anar-chie sous le bonnet de la liberté. J’étaisbien sûr de vaincre les résistances en les

réduisant à des questions purement militai-res. A quoi m’a servi en Espagne de vou-loir prendre l’intérêt des peuples contre lesabus du fanatisme et du despotisme?

Il faut ajouter à tous ces motifs que leroi de Prusse avait déjà fait lui-même unemoitié de la révolution, en promulguant unenouvelle loi sur l’avancement militaire, sanségard à la naissance; quant aux emploiscivils, nulle part les citoyens n’y avaient euplus d’accès qu’en Prusse . Ainsi, à l’excep-tion de quelques privilèges insignifiants, ilavait établi en principe l’égalité des droits;que me serait-il resté à donner aux Prus-sions? la loi agraire!

Conditions du traité de Tilsit.

Quittons le champ des conjectures, etrevenons au traité de Tilsit. La Prusse avait provoqué la guerre; il fallait bien quequelqu’un payât les frais ; et, dans la con-viction qu’elle ne reviendrait jamais à nous,il était (ont simple que ce fût elle. J’adoptaidonc le parti de renforcer mon systèmefédératif à ses dépens : cela était indispen-sable; puisque je la jetais dans les rangsennemis, il fallait bien renforcer les miensà proportion. Je créai le duché de Varso-vie , comme base du projet de relever laPologne; j’augmentai la Confédération duRhin du royaume de Westphalie , formédes provinces prussiennes depuis la rivegauche de l’Elbe jusqu’à Magdebourg , desétats de l’électeur de Hesse-Cassel et duduché de Brunswick. Ce fut le lot de monfrère Jérôme, plus tard je lui donnai encorele Hanovre ; mais je me l’étais réservé àTilsit pour conserver encore le moyen deme rapprocher de l’Angleterre. La Confé-dération du Rhin avait déjà été renforcée,comme on sait, de la Saxe, dont l’électeurprit le titre de roi et de grand-duc deVarsovie : son aïeul avait déjà occupé ce