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Tome premier.
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CUAP. X. CAMPAGNE DE 1807.

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trône, et le choix de ce prince annonçaitassez L’intention de le relever.

Révolution à Constantinople . Sélini est détrôné.

Ce fut au milieu des Conférences de Tilsitque j’appris la nouvelle révolution qui avaitprécipité Sélim m d’un trône dont il venaitsi récemment de se montrer digne. Telssont les vices de ces gouvernements mons-trueux de l’Orient, que l’événement le plusmince renverse souvent les plus belles com-binaisons et amène des catastrophes incal-culables. La mort d’un vieux Mufti, chan-geant la face de cet empire, me prouvaqu’on ne pouvait compter du jour au len-demain sur sa politique.

Sélim aspirait à se débarrasser de l’espritturbulent des janissaires dégénérés; il avaitéprouvé les avantages d’un corps discipliné'à l’européenne ( les Nizzam Geddites) quis’était distingué à St-Jean-d’Acre contrenous, et tout récemment en Romélie. Ilvoulait opérer une fusion insensible desjanissaires dans ce corps; nous l’entrete-nions dans ce système, le seul qui pûtdonnera la Porte un moyen de répressioncontre l’indiscipline d’une soldatesque effré-née, et contre d’insolents prêtres et oulémasqui en faisaient d’aveugles instruments deleur ambition. C’était à la fois une instau-ration politique et militaire.

Les oulémas et les chefs des janissaires,maîtres de la multitude, la soulevèrentcontre ces changements; il fallut renoncerà la fusion projetée. On ne s’en tint pas là .le mufti, ami du sultan, étant mort dansces entrefaites, fut remplacé par un de cesfourbes et de ces ambitieux qui font de lareligion un moyen d’intrigue et de troublepour dominer l’état. Bientôt l’opinion, deplus en plus excitée, rompt toute espèce defrein ; le mufti et le eaïmacan, profitant del’absence du visir et du capitan-pacha, qui

se trouvaient à l’armée du Danube, fomen-tent une insurrection dans la capitale, se-condés par un audacieux aventurier, nomméCabakchi-Oglou. Celui-ci placé à la tête desyamacks, devint bientôt le bras de cettevaste conjuration. Les janissaires, les ca-nonniers , les marins , le peuple , sontentraînés par les grandes phrases d’usagequi leur signalent les prétendus attentatsde Sélim contre les lois de Mahomet, con-tre les usages de l’empire et les privilègesaccordés par ses prédécesseurs ; de ce Sé-lim, en un mot, qui osait former le projetde les assimiler à des infidèles. On demandela tête de tous les amis du sultan qui ontsecondé ses impies projets; tous sont in-dignement sacrifiés. Après deux jours descènes menaçantes, le mufti, interrogé parles conspirateurs, déclare avec tout le char-latanisme d’un inspiré, que Sélim ne peutplus régner d’après les lois qu’il a vouluchanger et qu’il méprise. Les janissairesdemandent à grands cris sa déposition ; ilest enfermé et remplacé par son neveuMustapha.

Celle catastrophe suspendit pendant toutle mois de juin les immenses préparatifsque la Porte avait ordonnés pour expulserMiehelson des principautés. D’après le plande campagne qui lui avait été conseillé parSébastiani, 200 mille hommes, rassemblés àSehiumla, devaient passer le Danube versIsinaël; et, profitant des détachements quiavaient affaibli Miehelson, le couper duDniester , ou le forcer à regagner en toutehâte la Podolie. Rien de tout cela 11 e futexécuté : Miehelson, qui avait déjà évacuéBukarest, y rentra même audacieusement.

Mes projets sur la Turquie .

Ces révolutions, dont j’ignorais encoreles résultats sur la politique du divan, medégoûtaient d’une alliance sur laquelle on