CHAP. X. CAMPAGNE DE 1807.
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mettrait ainsi au ban de l’Europe . Je pro-mis à l’empereur Alexandre de ne pointaugmenter la force du duché de Varsovie ,et de ne rien faire pour le rétablissementde la Pologne .
Tel fut en substance le traité de Tilsit,sur lequel on a bâti de si beaux romans. Ona répandu le bruit que j’avais été jusqu’àparler de rétablir les empires d’Orient etd’Occident, en aidant la Russie à s’emparerde Constantinople , pourvu qu’elle consen-tit à ce que je possédasse l’Italie, l’Espagne et le Portugal , par moi ou par ma famille.On a prétendu que, prenant une carte d’Eu-rope , je traçai moi-méme une ligne de dé-marcation qui aurait donné pour limites larive droite de l’Oder aux Russes , de là uneligne directe par les Krapacs jusqu’au Da-
nube , et la rive gauche de ce fleuve jusqu’àla mer Noire ; pour nous, la rive gauche del’Oder et la droite du Danube .
Quelques phrases grandioses ont bien pum’échapper en présence d’un jeune souve-rain auquel je voulais inspirer une hauteidée de ma vaste politique ; mais un tel par-tage ne menait pas à mon but, et nous eûtmis aux prises aussitôt que l’Espagne eût étésoumise. De tels projets n’ont pas besoin decommentaires ; ils sont absurdes.
Une telle paix était sans exemple dans lesannales de la France ; qui pouvait s’attendrequ’elle y trouverait des détracteurs? Je con-çois qu’elle dût en avoir en Allemagne , enAngleterre ; mais il était réservé à de mau-vais Français de dénigrer eux-mêmes le plusbeau monument de la gloire nationale.