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Tome premier.
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NAPOLEON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.

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CHAPITRE XI.

Suites du traité de Tilsit. Expédition des Anglais contre Copenhague . Us s’emparent de la flotte danoise.Prise de Stralsund et de Rugen par les Français. La Russie offre sa médiation pour la paix qui estrepoussée. Système continental. Création d'une nouvelle noblesse. Suppression du Iribunat.

Les résultats de la guerre de Prusseavaient été inouïs ; je ne savais pour ainsidire que faire de la puissance qu’elle meprocurait.

Depuis leur départ de Boulogne , 200 milleFrançais avaient été entretenus, nourris,payés, habillés, aux frais de l’ennemi ; plusde 400 millions de contributions en argentet en denrées avaient été frappés sur lespays occupés ; le trésor en avait reçu unepartie, et les dépenses de notre budget,réduites de tout l’entretien de l’armée,n’avaient pas employé la moitié des fondsqui lui étaient assignés. Peu de tempsavant, j’avais vendu la Louisiane pour avoirde l’argent : en revenant d’Austerlitz,j'avais trouvé le trésor à sec et la banque àla veille de faire banqueroute. Deux ansnous séparaient cà peine de cette crise, etj’avais une année de revenus en avance dansles coffres de l’état, une réserve considéra-ble dans les caves des Tuileries , tandis queles pamphlétaires à la solde anglaise pro-clamaient dans toute l’Europe que ma puis-sance s’écroulerait faute de finances.

Origine et points de vue du système continental.

Toutefois, si j’avais de grandes ressour-ces, un champ vaste et proportionné allait

s’ouvrir pour les employer. L’époque dutraité de Tilsit marqua l'apogée de ma gloireet de ma puissance ; car j’y posai les basesd’un grand système qui devait les consoli-der. Ce système, nommé avec raison conti-nental , n’a j’amais été parfaitement com-pris.

Quelque considérables que fussent lesavantages de ce traité, je m’en promettaisun plus grand encore, celui de contraindreles Anglais à la paix ; car le colosse britanni-que n’était jusqu’alors que faiblement af-fecté de l’accroissement de ma puissance :ce n’était à ses yeux qu’un mal passager, quine le touchait qu’indirectement. La paixmaritime était désormais l’unique objet demes vœux, et je m’en étais expliqué avecl’empereur Alexandre de manière à ne lais-ser aucun doute à ce sujet, en lui remettantle soin de la procurer au monde par sa puis-sante intervention.

Pour s’assurer que mon désir était sin-cère , il suffit de se retracer un moment lasituation des deux partis, et l’intérêt évidentque je devais y trouver.

L’incendie de Toulon , les batailles navalesd’Ouessant , du cap St-Vincent, de Cam-perduyn, de Trafalgar ; la reddition de laflotte batave an Texel et le désastre de