CHAP. XI. CAMPAGNE DE 1808.
heur, le roi de Danemarck, retiré de sonpalais de Rendsbourg , indigné d’un pareiltraitement, jure une guerre à outrance con-tre les Anglais, leur ferme ses ports, or-donne la cessation de toutes relations aveceux, et la saisie des individus et des pro-priétés britanniques dans tout le royaume.Ce vénérable prince ne revit plus sa capi-tale ; il termina ses jours à Rendsbourg quelques mois après, et on pense que lechagrin qu’il éprouva de ces cruels reverscontribua à accélérer sa fin.
Certes, si l’intérêt de l’état suffit pourlégitimer une pareille agression, et si lecabinet de Londres put trouver grâce auxyeux de l’Europe , en se fondant sur cettemaxime de haute politique; il eût été justedu moins de traiter mes entreprises avecplus d’indulgence qu’on ne l’a fait ; il n’enest aucune qui ne fût plus pardonnableque celle-là et dont le succès n’eût étéaussi convenable aux intérêts de mon em-pire.
Brune prend Stralsund et Rugen .
Aussitôt que je fus instruit de l’appro-che des escadres ennemies, j’ordonnai àBrune de tout faire pour prêter secoursaux Danois .
Après la paix de Tilsit, il ne convenaitplus à la Suède de rester étroitement liéeà l’Angleterre contre la France et la Rus-sie réunies; c’était s’exposer à une ruinecertaine. Gustave iv, ne consultant que sespassions et tout fier du succès des Anglais contre les Danois qu'il détestait, ne craignitpas de braver la foudre qui le menaçait enrompant lui-même l’armistice de Schlat-kow. On assure que la promesse de la Nor-wége et même de quelque île danoise leporta à cette extravagante résolution.
J’ordonnai au maréchal Brune de s’em-parer de Stralsund . Cette place, facile à
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ravitailler par mer, pouvait faire une lon-gue défense. Chasseloup fut chargé d’endiriger le siège avec les moyens que nousfournirent les arsenaux de Magdebourg ,Berlin et Stettin . L’attaque, commencée le15 août sur trois fronts, fut poussée en qua-tre jours avec une activité peu commune.Le bombardement était commencé, et toutprésageait à cette ville une prochaine des-truction. Le souvenir de la belle défensede Charles xu, qu’il affectait d’imiter, étaitpour Gustave un puissant motif de se faireensevelir sous ses ruines; mais il n’avaitde son aïeul que l’entêtement, il n’en avaitpoint le génie. Les Suédois gémissaientd’ailleurs de l’obstination de leur souverain.Abandonné par les Anglais , qui avaientconcentré leurs moyens en Zeeland , et tou-ché des remontrances des magistrats, il or-donna l’évacuation de la place dont Bruneprit possession le 20 août, et où nous trou-vâmes 4 cents pièces de canons avec desfortifications intactes. Quinze jours après,j l’île de Rugen nous fut également cédée| en vertu d’une capitulation portant que l’ar-mée suédoise se retirerait, dans son pays etque la flotte abandonnerait les côtes d’Alle-magne. Stralsund ne m’était, d’aucune uti-lité pour une guerre continentale, et si jela rendais à la Suède , elle pouvait rede-venir un point de débarquement pour lesAnglais , j’ordonnai à Brune de la faire dé-manteler.
I.a Russie déclare la guerre aux Anglais .
L’événement de Copenhague était la ré-ponse la plus insultante qu’on pût faire auxoffres de médiation de l’empereur Alexan-dre. Justement indigné, il réclama avecénergie contre celte infraction ; mais tousses efforts n’avant point empêché la spolia-tion de la flotte et des arsenaux, il ne luiresta d’autre parti que de rompre toute re-