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NAPOLÉON Alî TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
lation avec l’Angleterre; ce qu’il fit par sonmanifeste du 7 novembre.
Après une longue énumération de griefs,le cabinet de St-Pélersbourg rompait toutecommunication avec l’Angleterre, rappelaitsa légation, interdisait tout rapport entreles deux pays, proclamait les principes dela neutralité armée, et déclarait qu’il ne ré-tablirait rien sans avoir obtenu satisfactionpour le Danemarck ; enfin il termine ences mots :
« Lorsque l’empereur sera satisfait sur« tous les points qui précèdent, et nommé-« ment sur celui de la paix entre la France « et l’Angleterre, sans laquelle aucune par-« tie de l’Europe ne peut se promettre une« véritable tranquillité, S. M. I. reprendra« alors volontiers avec la Grande-Bretagne» des relations d’amitié, que dans l’état de« juste mécontentement où l’empereur de-« vait être, il a peut-être conservées trop« longtemps. »
L’Angleterre répondit par des argumentsspécieux, mais sans montrer le désir sin-cère d’un rapprochement : la guerre devintinévitable.
l.'Autriche intercède aussi à Londres pour la paix.
Le cabinet de Vienne avait déjà offert samédiation, alors que la guerre continentaleétait dans toute sa force en Pologne . Invitéà entrer dans la ligue générale, il jugea pru-dent d’ajouter ses démarches à celles de laRussie pour déterminer l’Angleterre à lapaix; si elle acceptait, on regardait à Vienne ce moyen comme le seul qui pût dissoudrela formidable ligue, établie sous mon in-fluence. Deux ou trois ans de paix maritimeen renverseraient tout l’échafaudage ; carla ligue n’aurait plus de but. Si, au con-traire, l’Angleterre refusait, et que l’Au-triche fût entraînée à une rupture, alorson se flattait à Vienne d’obtenir de ma
part un juste dédommagement; et, pourprévenir ce désir, j’avais déjà proposé àFrançois I er une partie des provinces tur-ques à sa convenance. En conséquence, lecomte de Stahremberg, ministre d’Autri-che près le cabinet de St-James, fit lesplus vives instances pour le décider à desconcessions.
Négociations relatives à la Turquie .
Dans ces entrefaites, les choses prirentune meilleure tournure pour nous à Con-stantinople que je ne l’avais supposé, cequi me mit dans une espèce d’embarrasenvers la Russie . Les factieux qui avaientdétrôné Sélim se disputèrent bientôt leurproie : le mufti triompha du caïmacan àl’aide de ce même Cabakchi qui, d’obscurchef de yamacks , devînt un moment le ré-gulateur de l’empire. Sébastiani fut assezadroit pour s’assurer son appui, au moyenduquel il ne tarda pas à exercer sur Mus-tapha une partie de l’ascendant qu’il avaiteu sur Sélim.
L’issue de l’entreprise des Anglais con-tre l’Égypte et celle du combat- naval deLemnos ne pouvaient qu’y ajouter. Dès quela guerre avec l’Angleterre avait été for-mellement déclarée, le nouveau capifan-pacha Seyd-Ali, jaloux de se signaler, fitVoile avec une escadre de neuf vaisseaux,sortit des Dardanelles , et alla offrir le com-bat à ses adversaires près de Lemnos , lei or juillet. L’engagement fut chaud : lesRusses , mieux instruits dans la tactiquenavale et plus disciplinés, rompirent la li-gne ennemie, s’emparèrent d’un vaisseau,et forcèrent le capitan-pacha à rentrer auxDardanelles ; mais maltraités eux-mêmes ilsretournèrent à Corfou , où ils ne tardèrentpas à apprendre la paix de Tilsit et l’armis-tice de Slobodza.
Le colonel Guilleminot, envoyé à l’armée