CHAP. XII. ANNÉES 1807 ET 1808.
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CHAPITRE XII.
Suite îles événements après la paix de Tilsit. Projets sur le Portugal . Junot s’empare du royaume. Muratentre en Espagne pour le soutenir. Grandes vues de Napoléon sur l’Italie. Occupation de Rome par lesFrançais. Réunion de la Toscane à l’empire. Médiation inutile de l’Autriche près de l’Angleterre. Lecomte de Stahremberg quitte Londres. Voyage de Napoléon en Italie. Décret de Milan . Origine de larévolution d’Espagne. Journée d’Aranjuez. Ferdinand vii proclamé roi. Protestation de Charles rv.Ils viennent à Bayonne. Le père cède sa couronne à Napoléon , et oblige Ferdinand à abdiquer.Insurrection générale. Junte de Bayonne qui proclame Joseph roi d’Espagne et des Indes. Dupontcapitule à Baylen. Les autres corps français sont forcés de se retirer derrière l’Èbre . Junot, battu parles Anglais à Vimiera, signe un traité d’évacuation pour le Portugal . La Romana s’enfuit du Danemarck.Les Russes entrent en Finlande et prennent Sweaborg.
Il est temps de porter mon attention surla péninsule ibérique, où une révolutionépouvantable allait s’opérer.
Les négociations entamées avec le Portu-gal par suite du traité de Tilsit ne mar-chaient pas : je m’y étais attendu , etmes mesures étaient prises pour en finiravec cette puissance vassale de l’Angle-terre.
Grâce à la légèreté et à la faiblesse deGodoï, je comptais avoir également raisonde l’Espagne , et la fixer plus irrévocable-ment que jamais dans mes intérêts. Il fallaitpour cela donner de nouvelles bases à nosrelations, non seulement pour faire adopterle système continental avec toute ma légis-lation commerciale, mais encore pour memettre à l’abri de nouvelles hésitations.
Résultats de ses menaces contre moi.
La fameuse et imprudente proclamationdu prince de la Paix avait prouvé que cette
puissance tenait plutôt à la France par lacrainte que par cette ferme conviction decommunauté d’intérêts qui avait présidé aupacte de famille en 1762 et au traité de St-Ilde-fonse. Si elle faisait le moindre pas rétro-grade dans le système qu’elle avait suivi jus-que là , je pouvais m’attendre d’un momentà l’autre à la voir dans les bras des Anglais .Quel eût été alors le prix de tous les effortsque je faisais depuis dix ans?
Il est vrai, comme j’ai déjà eu occasionde le dire, que le cabinet de Madrid avait euquelques griefs relativement aux îles Ba-léares , et que la bataille deTrafalgar l’avaitdéjà mis en bonne disposition de regretterl’alliance. Le parti anglais gagnait tous lesjours depuis ces événements, et je ne l’igno-rais point. Tout ce qui habitait un port ouavait un intérêt en Amérique , voulait la paixavec les Anglais . Mes démêlés avec le papeinfluaient sur l’opinion du clergé. Ce-pendant la généralité des esprits inclinaitencore pour moi, et c’était sur Godoï que