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Tome premier.
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CH AP. XII. ANNÉES 1807 ET 1808.

Je savais donc que l’occupation du Portu-gal porterait un coup sensible au commerceet à la politique britanniques. La même le-çon du passé devait aussi me convaincreque le prince régent, pliant sous l’empirede la nécessité, me promettrait pour l’in-stant tout ce que je voudrais. Mais jamaisnous ne pourrions compter sur sa sincérité,car son parti était pris ; il voulait transpor-ter sa résidence au Brésil , plutôt que dese jeter franchement dans mon alliance. Ils’y préparait depuis quatre ans, et l’avouaitformellement par sa proclamation du 2 oc-tobre. Lorsque l’orage le menaça de plusprès, il offrit, à la vérité, de fermer sesports aux Anglais ; toutefois, on pouvait sipeu y compter, que deux jours après, sesenvoyés signaient à Londres une allianceplus étroite avec l’Angleterre (22 octobre1807). Il était évident qu’il ne voulait quegagner le temps nécessaire pour assurerl’émigration de toute sa cour avec les ar-chives et les employés supérieurs du gou-vernement. bailleurs, l’expulsion du pa-villon anglais n’eût pas empêché que souspavillon d’emprunt le Portugal ne fût ex-ploité comme une colonie anglaise par desfabricants de cette nation établis en Por-tugal , et par les compagnies chargées ducommerce exclusif des vins de Porto. Jedemandai donc l’expulsion des Anglais etla confiscation de leurs propriétés et mar-chandises. Le prince régent, qui n’avait pasles mêmes motifs de haine et de vengeanceque moi, ne pouvait pas accorder de pareil-les conditions; il l’eût promis, qu’il n’eûtpas dépendu de lui d’accomplir ses promes-ses : son peuple l’eût entraîné.

Le refus formel de ce prince me déter-mina. Je vis qu’il fallait une puissance aussiformidable que la mienne pour changertous les points de vue des relations futuresdu Portugal . Je décidai le partage de ce

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royaume et l’expulsion de la maison de Bra-gance. Il y avait certes plus de violence quede justice dans cette mesure; mais je m’enpromettais l’expulsion éternelle des Anglais de la péninsule ; résultat immense pourl’accomplissement de mes projets et l’ave-nir de mon empire. Certes, j’avais autantde droits à cette usurpation que les Anglais à brûler Copenhague et à s’emparer de laflotte danoise. S’ils ne gardèrent pas cepays, c’est parce qu’ils n’avaient pas les for-ces suffisantes pour s’y maintenir.

L’occupation formelle du royaume memettait en mesure d’en disposer à mon grépour l’échanger contre l’Étrurie et les pro-vinces des Pyrénées jusqu’à l’Èbre ; ellepouvait de plus servir d’acheminement àl’occupation éventuelle de l’Espagne elle-même.

Tt'ailé de fontainebleau sur le partage de ce pays.

Pour arriver d’autant mieux à mes fins,je proposai au cabinet de Madrid le partagede la Lusitanie . Un traité fut conclu à ceteffet à Fontainebleau le 27 octobre 1807 . Ilme procurait la possession de l’Étrurie , etl’infant de Parme recevait en échange laprovince du Minho ; Godoï, les Algarves etl’Alentejo ; le reste serait séquestré jusqu'àla paix, et Charles iv proclamé empereurdes Amériques.

La cour de Madrid abonda entièrementdans mes vues : non seulement on accordale passage à nos troupes, mais un corpsd’élite fut mis à ma disposition pour assu-rer l’entreprise.

Junot occupe le Portugal .

A l’approche de l’armée commandée parJunot , le prince régent promit tout cequ’on voulut ; mais c’eût été toujours àrecommencer. D’ailleurs mon lieutenant,ayant ordre d’occuper en tous cas le Porlu-