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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
de ses sentiments à venir, et eût, redoublél’honneur de ma famille. Nous eûmes uneentrevue à Mantoue . Lucien consentit aumariage de sa fille, mais refusa les condi-tions que je mettais à notre réconciliation;je devais tout craindre de la part d’un frèrequi donnaità l’Europe le dangereux exem-ple de mépriser mes volontés; d’un fou quisacrifiaifàde misérables inclinations le trôned’Espagne pour sa fille et les destinées dela France : aveuglement déplorable, puis-qu’il eut une grande influence sur les désas.très de l’Espagne et les miens ! !
Décret de Milan contre le commerce anglais .
Ce fut au retour de cette entrevue que jelançai mon fameux décret de Milan , en re-présaille des nouvelles prétentions de l’An"gleterre.
Près de toucher à l’accomplissement demon grand système, je reçus l’ordre du con-seil britannique du 11 novembre, déclarantque tous les pays occupés par nos trou-pes, ou qui auraient reconnu notre in-fluence en excluant le pavillon anglais de leurs ports , seraient traités commes’ils étaient effectivement bloqué ; c’est-à-dire que tout bâtiment destiné pour cespays était soumis à être visité, arrêtéen pleine mer, conduit dans les portsanglais , et passible d’une imposition quiserait fixée par les lois du parlement.
C’était frappei- notre commerce et celuide l’Europe d’une taxe infâme, puisqu’elleadmettait une sorte de suzeraineté, un droitrégalien des Anglais sur toutes les proprié-tés étrangères qui voguaient sur les mers;c’était imposer le sceau de l’infamie à toutesles puissances qui se soumettraient volon-tairement à un pareil code. Je ne pouvais yrépondreque par les mêmes armes. Je lui op-posai le décret de Milan du 17 décembre. Ildortait : \°que toutbâtiment qui se serait
conformé à l’ordre d'n conseil, serait dé-nationalisé, traité comme Anglais et debonne prise, soit qu’il entrât dans lesports du continent , ou qu’on l’arrêtâten mer.
2° Que les îles britanniques étaientdéclarées en état de blocus sur terrecomme sur mer, et que tout bâtimentdestiné pour ce pays et pour ses colonies,ou provenant des mêmes contrées r se-rait de bonne prise.
Ainsi un abus en amenait un autre danscette fatale carrière où nous nous étions ré-ciproquement lancés avec un cruel acharne-ment : cette législation de corsaires eûttoutefois tourné au détriment de nos enne-mis , sans le fâcheux événement qui ouvritaux Anglais l’Espagne et l’Amérique .
Une querelle-s'engage avec le pape.
A cette époque, une querelle peu sérieuseen apparence, mais qui eut pourtant sesdangers, avait éclaté entre le pape et moi.
Depuis les articles réglementaires que j’a-vais faits au concordat, ou plutôt depuis quePie vu était revenu de mon couronnementsans avoir obtenu la restitution des provin-ces qu’il espérait, le saint-siège avait recom-mencé une petite guerre sourde, qui pritplus d’animosité à l’époque de la coalitionde isos. La cour de Rome se plaignait sousle rapport temporel de ce que j’exigeaisqu’elle entrât dans la confédération ita-lienne.
Une escadre russe et anglaise se disposaitalors à opérer un débarquement en Calabre et à Naples même. Le corps d’armée fran-çais, placé dans la presqu’île d’Otrante , seraitperdu, si le pape, par ambition des chosesde ce monde, venait à s’allier aux héréti-ques. Je demandai au saint-siège de rece-voir garnison à Ancône , et de conclure unealliance offensive et défensive contre les
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