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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Les marins génois, vénitiens, se sont dis-puté durant trois siècles le commerce del’Orient, et s’ils n’ont pas joué un plusgrand rôle, c’est au morcellement de leurpatrie en vingt petits états qu’il faut l’at-tribuer.

Des rades magnifiques, comme celles dela Spezzia, de Tarente, du Cataro, de Ra-guse ; des ports considérables, comme Gê-nes, Livourne, Naples , Ancône, Venise,Raguse, Corfou ; des matelots en quantité;le voisinage de la Macédoine, de la Bosnie et de l’Albanie , dont les vastes forêts don-nent les plus beaux bois de construction; lafacilité de tirer des cuivres de la Hongrie :tels sont les innombrables avantages qu’elleprésente pour équiper de grandes flottes.II ne fallait que du temps et de l’argentpour organiser dans cette contrée une forcenavale de cinquante vaisseaux et autant defrégates, et pour mettre fin à la supréma-tie anglaise, de concert avec l’Espagne , laFrance et la Hollande.

Projet pour transporter le saint-siège à Paris .

La première condition de la régénéra-tion italienne, était de mettre un termeà la puissance temporelle des papes. Lapossession des états romains était le liennécessaire entre le royaume de Naples ,c’est-à-dire, entre les 8 millions d’Italiensméridionaux et le royaume d’Italie, la Tos-cane, Gênes, le Piémont, la Cisalpine , oules 8 millions d’Ilaliens du nord. S’empa-rer des états romains, et laisser subsisterla puissance spirituelle des papes, étaitchose difficile à concilier, car c’était for-ger des armes contre soi. Je trouvai unmoyen unique et admirable d’atteindremon but, en exécutant un double projetqui me laisserait libre arbitre des états ro-mains, et qui renforcerait mon autorité detoute l’influence que le saint-siège exerçait

jadis sur l’Europe . C’était de transfère]’ lechef de l’église à Paris , et de réunir ensuitel’Italie en un seul corps de nation.

C’est dans ce but et sur l’avis de l’agita-tion qui régnait à Rome que je résolus d’enfinir. Peu de jours après mon entrée victo-rieuse à Vienne , quatre jours avant la ba-taille d’Essling, je lançai le décret qui réu-nissait Rome et les états de l’église.

Quels avantages immenses n’eussé-je pasobtenus si j’avais réussi, et à quoi cela a-t-iltenu? J’aurais débarrassé l’empire des tra-casseries ultramontaines ; je lui aurais pro-curé, par l’influence du pape, un grand as-cendant sur les catholiques de Pologne , deHongrie, d’Irlande, d’Espagne et de Portu-gal . Enfin, retrempant les descendants desRomains et les rejetant dans un même mouleavec les Napolitains, les Lombards, j’auraisfait de l’Italie une puissance maritime res-pectable, puisqu’elle a autant de côtes et deports que la France .

Le pape eût au fond plus gagné queperdu à ce projet; car de chétif princed’Italie , il fût devenu le second personnagede l'Europe .

Occupation de Rome .

Je fis peut être une faute en mettant tropde vivacité dans l’exécution de ce dessein. IIm’importait de ménager le pape au momentoûje frappais mes coups en Espagne et enPortugal ; mais, entraîné par l’effet moralque les démarches hostiles du pontife ro-main produisirent sur moi au moment oùl’alliance de Tilsit le livrait à ma discrétion,j’ordonnai, à la fin de janvier 1808, à uncorps de 6 mille hommes d’entrer dansRome , je demandai la cession des Marches,et l’adhésion franche à la ligue italienne.Le pape, tout fier d’être placé sur sonchamp de bataille, voulut tenter de défen-dre sa puissance temporelle, en me répon-