CHAP. XII. ANNÉES 1807 ET 1808.
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danl avec le canon de l’église. Les brefs,les bulles, les plaintes, les menaces redou-blèrent. Son bref du 27 mars isos surtouttenait un langage auquel j’étais peu accou-tumé; il me menaçait d’excommunication.Je lui répondis par un décret qui réunis-sait Ancône et les Marches au royaumed’Italie .
Réunion île la Toscane à la France .
Ces réunions partielles n’étaient, commeje l’ai dit, qu’un acheminement vers un plusvaste système : quelques semaines aprèsavoir donné une partie des états romains auroyaume d’Italie , je prononçai la réunionde la Toscane et du duché de Parme à laFrance .
Le traité de Fontainebleau m’assurait cepays en échange d’une partie du Portugal :il me convenait de hâter la mise en pos-session, et, en transportant les limites demon empire jusqu’à celles de l’Ombrie , jedonnai une assiette plus solide à mon in-fluence sur Naples .
.le renonce à l’alliance de Ferdinand.
J’étais revenu d’Italie en France plusindigné que jamais contre Lucien, et assezpeu disposé à satisfaire au vœu de Ferdinand.Je ne lui avais pas répondu ; c’est une desfailles que la postérité me reprochera,quoi-qu’elle ne soit pas exclusivement la mienne.C’en fut une réellement par la tournure queprirent les affaires ; mais qu’anrait-ondit de m oi si, plein d’une juste défianceenvers Ferdinand et ses conseillers, j’a-vais mis encore Lucien en qualité de sonbeau-père à la tête de l’opposition contrem oi ?
Son père le fait arrêter.
Les événements se compliquèrent bientôtde manière à redoubler mes incertitudes sur
le parti que j’avais à prendre. Godoï, instruitde la proposition que Ferdinand m’avaitfaite d’épouser une princesse de la familleimpériale, et des rapports que ce princeavait eus à ce sujet avec l’ambassadeurBeauharnais, jugea qu’il y allait de sonexistence d’empêcher cette union, qui assu-rerait le triomphe de l’héritier du trôneauquel il avait prodigué tant d’indignes trai-tements. Tremblant des suites d’un pareilévénement, il fait prendre à Charles îv lachose au sérieux, présente cette intriguecomme un crime d’état, décide le père àfaire juger son fils par une haute cour duconseil des Indes et de Castille, et le con-stitue prisonnier (le 29 octobre) dans le palaisoù tout semble présager au prince le sort del’infortuné don Carlos condamné par Phi-lippe 11 . Je parvins à détourner le coup:Charles îv pardonna à son fils; mais ou fitle procès à ses conseillers.
Occupation des places du Mord.
L’occupation du Portugal exigeait l’éta-blissement d’une route d’étapes à traversl’Espagne ; ce qui s’arrangeait fort bienavec mes vues. Sous prétexte de soutenirJunot, j’avais poussé Murat sur l’Ebre avec50 mille hommes. Duhesme entra en Cata-logne comme pour la traverser et le rejoin-dre : ce général s’introduisit par surprisedans Figuières et dans la citadelle de Barce-lone; Murat fit mettre, par subterfuge, gar-nison à Pampelune et à St-Sébastien.
Je n’entreprendrai pas de justifier ces dé-marches, qui paraîtront moins blâmables sil’on réfléchit que ces places devaient m’échoirdans l’échange projeté du Portugal contreles provinces de l’Èbre . En les occupant, jevoulais prévenir toute idée de résistance dela part des Espagnols , et lever plus facile-ment les scrupules que pourrait rencontrercet échange : l'histoire m'avait assez appris