CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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pour en prendre un plus sûr ; car, faute degrosse artillerie, nous ne pouvions rien con-tre ces remparts de granit. Je fis attaquerpar les deux flancs les communications del’archiduc avec le grand pont du Danube ,en portant Masséna vers Simering, afin qu’ilpénétrât dans File du Prater. Une attaquesemblable fut dirigée de Dobling sur File deJagerhans en amont. Si nous arrivions avantl’ennemi au grand pont de Tabor, qu’on n’a-vait point eu le bon esprit de lier avec laplace par des ouvrages, l’archiduc seraitprisonnier avec ses 15 mille hommes. Cettecrainte le détermina à évacuer la ville, enfaisant détruire le pont de Tabor, et en lais-sant 6oo hommes seulement au généralOreilly, avec le soin pénible de signer unecapitulation, ce qu’il fit le lendemain 13 mai.
Au moment où l’archiduc Maximilienévacuait Vienne , le général Hiller arrivait àsa destination, se joignait vers Spitz auxtroupes qui en sortaient. Il fit occuper leslies, mais n’était plus à temps de sauver lacapitale : le pont de Tabor était détruit.
Dispositions pour le passage do Danube .
De mon côté, je songeais à m’assurer lesmoyens de passer le Danube . Deux arméesséparées par une fleuve semblable peuventdifficilement savoir au juste ce qui se passechez l’ennemi. Outre cela, nous trouvantséparés depuis 15 jours de l’armée de l’ar-chiduc par toutes les montagnes de Bohême,nous avions perdu ses traces. Tout autorisaità croire que s’il n’était pas encore arrivé, ilne tarderait pas à paraître. Mon armée n’é-tait pas encore réunie, mais il nous impor-tait de ne pas perdre de temps. Vandammeet les Wurtembergeois avaient été laissés àLintz pour couvrir le grand débouché cen-tral de la Bohême, et garder 1° pont avecl’ouvrage tracé pour sa défense. Bernadotte ,venant de Passau avec les Saxons, devait le
relever. Davoust marchait de San-Polten sur Vienne . J’avais sous la main, autour decette ville, les corps de Masséna, de Lannes,la garde et la cavalerie de Bessières.
Motifs de cette entreprise.
Incertain sur la position où l’archiduc setrouvait et sur les projets qu’il pouvait for-mer, je compris néanmoins qu’en tout étatde cause il me convenait d’aller au-devantde lui, et je résolus de le faire. Cette réso-lution, toute naturelle qu’elle fut, a trouvédes censeurs, parce qu’on n’a jugé qu’aprèsl’événement, sans se donner la peine de pe-ser les motifs qui m’y déterminèrent. On adit que, maître de la capitale et de la moitiéde la monarchie, couvert par le Danube , jepouvais attendre en toute sécurité l’arrivéede l’armée d’Italie, sans chercher à rendrema position plus compliquée, plus étendue,et par là même plus chanceuse.
Ceux qui m’ont fait ces reproches ontoublié la situation respective dans laquellese trouvaient les deux armées après les mé-morables victoires de Ratisbonne . Comptantavec raison sur l’ascendant qu’elles devaientme procurer sur l’ennemi, il me convenaitd’avoir un débouché au delà du Danube ,pour continuer les opérations offensives : sije laissais l’archiduc paisible possesseur dela Bohême, de la Moravie et de la Hongrie ,il pouvait concentrer ses forces, les aug-menter de toutes les milices dont la for-mation était commencée ; la lutte redevien-drait douteuse. Si je l’attaquais dans l’étatd’abattement où les défaites de Ratisbonne avaient dù le jeter, je pensais le battre àcoup sùr, et finir la guerre par un coupd’éclat. Dans l’hypothèse où je me verraisréduit à la défensive, il me convenait encoremieux d’être maître des deux rives, ne fut-ce que pour avoir la liberté d’opérer sur larive gauche, dans le cas où l’ennemi réuni-