PIECES JUSTIFICATIVES
(N° 1.)
Note sur la position actuelle de la guerre,trouvée dans les papiers de Napoléon ,et qui est probablement de lui.
TITRE I".
Article i er . L’ennemi se dirigeant sur laroute de Kiow, son projet est évident; c’estqu’il attend des renforts del’armée de Moldavie :marcher 'a lui, c’est agir dans le sens de sessecours, et se trouver sans point d’appui pen-dant les cantonnements de l’hiver, ayant notredroite et notre gauche en l’air, tandis que Ten-nemise trouverait avoir ses flancs et ses derrièresassurés. Moscou , se trouvant abandonné de seshabitants et brûlé, n’entre plus, pour nous,dans aucune considération. Cette ville ne peutcontenir nos blessés et nos malades ; les ressour-ces qui s’y trouvent une fois épuisées, elle nepeut en fournir d’autres. Enfin, elle n’offre aucunmoyen d’organiser le pays.
Art. 2 . Toute opération sur Kalouga n’estraisonnable que dans le cas où elle aurait pourbut, arrivé dans cette ville, de se reployer surSmolensk .
Art. 3 . Si Tannée se reploie sur Stnolensk,est-il sage d’aller chercher l’ennemi, et des’exposer à perdre, dans une marche qui auraitl’air d’une retraite, quelques milliers d’hommesdevant une armée connaissant bien son pays,ayant beaucoup d’agents secrets et une nom-
I breuse cavalerie légère? Quoique l’armée fran-çaise soit victorieuse, le mouvement qu’elle feraitse trouverait tel, qu’elle aurait l’infériorité :puisqu’une troupe d’arrière-garde perd cha-que jour deshommes, tandis qu’une avant-gardeen acquiert; et qu’enfin l’arrière-garde estdestinée à abandonner chaque jour le champde bataille, perd ses blessés, ses traîneurs etses maraudeurs.
Art. 4. A ces considérations il faut ajoutercelle qu’il est probable que l’ennemi ayant for-tifié quelque bonne position, et ayant déjà reçula tète de ses renforts, peut nous disputer leterrain et nous donner 3 à 4 mille blessés :cela aurait bien l’air d’une défaite. Un mouve-ment rétrograde de cent lieues avec des blessés,et ces événements que l’ennemi peindrait à songré, lui donneraient de l’avantage dans l’opinion,quoique battu.
Art. 5. Voulant se reployer pour passer sesquartiers d’hiver dans la Pologne , vaut-il mieuxse reployer directement parla routesurlaquellenous sommes venus? On n’aurait pas l’ennemisur soi : on connaît bien la route, et elle estplus courte de cinq marches : nous pouvonsaller aussi vite que nous voudrons ; nous pou-vons même recevoir nos convois à mi-chemin,venant de Smolensk . L’armée porteraitd’ailleursfacilement quinze jours de farines; et on arri-verait à Smolensk sans être obligé de marauder.On pourrait même s’arrêtera Wiazina le temps