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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

éprouverait le moins d’entraves. St-Hilaireenvoya deux bataillons de voltigeurs enbateaux pour se loger dans l’île de Schwarze-Lake ; mais ees détachements n’ayant pas étésoutenus à temps, le général Nordmann,détaché par Hiller, eut le loisir de les en-tourer et de leur faire mettre bas les armesaprès une belle résistance.

Il ne me resta qu’à presser Masséna decompléter ses préparatifs pour tenter l’opé-ration de son côté. Le zèle et l’habileté denos pontonniers parvinrent à lever des obsta-cles que tous autres qu’eux eussent regardéscomme insurmontables : le 19 mai, un pont,composé en plusieurs parties de 54 énormesbateaux [1], fut jeté sur les deux bras enface d’Ebersdorf, sous la protection desbataillons de tirailleurs, qui balayèrent niede Lobau des partis ennemis. L’opérationdevenait d’autant plus délicate, qu’au prin-temps, la fonte des neiges dans les Alpes 'germaniques et tyroliennes gonfle les eauxdu Danube avec une rapidité effrayante, etque la crue devint très-forte au moment oùnous tentâmes l’opération.

Malgré tous nos soins, nous n’avions pastrouvé d’ancres en quantité suffisante pouramarrer tant de bateaux ; l’artillerie et lespontonniers y suppléèrent en coulant dansle fleuve de grosses caisses remplies de bou-lets. N’ayant pas assez de pontons, il falluty ajouter des chevalets. Le 20 au soir, lepont qui conduit de la Lobau à la gauchefut enfin jeté, et le corps de Masséna défilaaussitôt. Celui de Lannes, qui venait deVienne , avait dû ne partir qu’au derniermoment, autant pour éviter de dégarnir cepoint, que pour ne pas donner l’éveil à l’en-nemi ; il devait suivre immédiatement.

Les eaux du Danube montaient rapide-

[1] U y avait trois ponts n’en formant qu'un diviséen trois parties par des îles.

ment ; à chaque instant il fallait interromprele passage pour raccommoder des ponts faitsavec des agrès de plusieurs dimensions dif-férentes.

Attaque de Kolowrath sur I,intz.

Au moment où nous jetions le pont de laLobau, j’appris que les Autrichiens avaientfait une attaque sérieuse, le 17 mai, contrela tête du pont de Lintz : c’était le corps en-tier de Kolowrath, fort de 25 mille hommes.Les Wurtembergeois allaient se voir forcésde céder à cette énorme supériorité, lorsqueBernadotte , arrivant avec les Saxons, réta-blit la balance; l’ennemi renonça à emporterun postesi bien défendu. Loin de m’arrêter,cette circonstance me parait de nature àredoubler encore mon ardeur; car l’archi-duc a évidemment divisé scs forces, ou bienil est resté compromis lui-même auprès deLintz avec le gros de son armée. Rassurépar l’arrivée de Bernadotte , j’ordonne àVandamme de se rapprocher de nous envenantà Mautern ; Davoust, échelonné entreMolk et Vienne , doit se rassembler en toutehâte sous les murs de la capitale.

Masséna s’établit à la rive gauche.

Le 21 au matin, je presse avec ardeur lepassage et dispose les troupes de Massénapour parera tout événement. L’île de Lobauaboutit au Marchfeld, plaine immense quin’est coupée que par un petit rideau formévers Wagram par l’encaissement du Russ-bach; l’enceinte de l’île , qui figure par lessinuosités du petit bras un grand rentrantau nord et une ligne assez droite à l’est, setrouve bordée par les grands villages d’As-pern et d’Essling, situés à une petite demi-lieue l’un de l’autre : formés d’une seule ruetrès-longue et bâtis en pierre, ces villagespeuvent servir en quelque sorte de rempartsnaturels. Aspern avait pour réduit un cime-