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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

défaut d’espace l’empêchait de se mouvoir.La cavalerie tenait le centre et protégeaitde nombreuses batteries disposées pourbattre d’écharpe les villages qui coûtaienttant de braves. Cette artillerie foudroiejusqu’à nos minces réserves. J’ordonne àBessières de la faire charger ; la cavalerielégère y échoue d’abord; nos cuirassiersconduits par d’Espagne se précipitent à leurtour, et l’ennemi retire en toute hâte lespièces. Dans ce moment, l’infanterie deHohenzollern se prolongeait vers le centre,nos intrépides escadrons, conduits parBessières, d’Espagne et Lasalle, s’élancentsans hésiter sur elle ; mais tous les bataillonsautrichiens, formés par un ordre récent del’archiduc en colonnes d’attaque par batail-lons, présentent de petites masses que rienne peut ébranler [1]. La cavalerie de Lich-tenstein accourt au soutien ; la nôtre voleau-devant d’elle, et après une triple charge,cédant au nombre et à une artillerie meur-trière , elle revient fièrement reprendre saplace dans la ligne. Le brave d’Espagne trouve une mort glorieuse en soutenantune lutte aussi inégale.

Rebuté par les assauts réitérés contreAspern, l’archiduc Charles avait espérétrouver moins de résistance à Essling, oùil s’était transporté. Rosenberg, après unlong circuit, avait enfin réuni ses deux co-lonnes et livré vainement deux attaques àLannes et à Boudet. Ces assauts se réitèrentencore jusqu’au soir ; le village est incen-dié ; Lannes , entouré de flammes et accabléde projectiles, fait face à tout avec intré-pidité. La nuit suspend ici l’ardeur descombattants, mais à Aspern leur fureur

[1] C’est quinze jours après avoir lu le chapi-tre des principes de la guerre du général Jo-mirii , imprimé partiellement à Glogau en isoh ,que l’archiduc adopta pour la première fois cet

redouble: l’archiduc ordonne à Hiller etBellegarde de l’emporter à tout prix.Masséna, à la tête de quatre régimentsconsidérablement affaiblis par les pertessuccessives du combat, oppose une barrièred’airain à ces deux corps d’armée ennemis.Au milieu d’une grêle de projectiles quimettent le feu à une partie du village, il endéfend chaque ruelle, chaque maison, cha-que jardin avec le courage le plus brillant.La division Molilor, réduite de moitié, estforcée enfin de le céder après neuf heuresdu soir. Masséna court à la division Legrand,se précipite à sa tête dans le village et enreprend une partie; l’ennemi reste maîtredu cimetière qui a coûté tant de sang.

Jamais journée ne fut plus glorieuse pourles troupes françaises que celle-ci : moinsde 30 mille hommes avaient lutté contre80 mille sous le feu concentrique d’une ar-tillerie immense. C’était un miracle.

Les ponts plusieurs fois rompus et plu-sieurs fois raccommodés, permirent enfinaux troupes de Lannes et d’Oudinot de dé-filer pendant la nuit : la garde et les cuiras-siers de Nansouly passèrent au point dujour.

Journée du 22 mai.

Le 22 notre armée, forte alors d’environ55 mille hommes, put songer à prendre unpeu plus de développement. Si Davoust avaitété là, j’aurais pivoté sur ma gauche enl’appuyant au Danube et en faisant l’effortpar la droite ; mais pour cela il eût fallu laprésence du 3" corps, et l’espace nécessairepour nous former et pour opérer notrechangement de front sans découvrir les

ordre de bataille; et il a avoué qu’à Essling, commeà Wagram , il lui avait dû la bonne contenancede son infanterie, surtout celle de nouvelle forma-tion.