CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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consistance aux coups de l’ennemi, tandiscjue le 3 e corps eût été encore en mouvementpour se former. Au surplus, tout le centren’était point en ordre profond. Claparèdeavait ses trois brigades déployées, deux fai-sant face au nord et une en crochet pour secouvrir contre Rosenberg; St-Hilaire dé-ploya aussi. Rogniat m’a plutôt dénigré parsystème, que pour éclaircir cette importantequestion sur laquelle il y a beaucoup à dire.
Système de lactique pour le combat.
La stratégie a été démontrée; ses prin-cipes ont été fixés par plusieurs ouvragessur la grande guerre. Il en est autrement dela tactique, c’est-à-dire de la manière d’em-ployer les troupes un jour de combat. Onn’est pas aussi bien d’accord sur cet article.On a vu en effet renouveler de nos jours lesvieilles controverses sur l’ordre mince et l’or-dre profond, matières qu’on croyait épuisées.
Il y a plusieurs modifications du systèmepour disposer les troupes dans les batailles;mais ces détails ne sont pas susceptiblesd’être réduits à des maximes invariables. Leterrain, le moral et l’à-propos font tout.
L’ordre mince ou déployé a été constam-ment suivi par Wellington, et on en a con-clu, puisqu’il avait triomphé de nos colonnes,qu’il était le meilleur. Dans les positions es-carpées en Espagne et en Portugal , une lignedéfensive doit être déployée et compter surson feu. Si Wellington a résisté à nos co-lonnes à Waterloo jusqu’à l’arrivée des Prus-siens, c’est qu’une boue horrible empêchaitleur impulsion et ne permettait pas à notreartillerie de les suivre; c’est aussi parcequ’elles étaient trop profondes. Le principalmérite de la colonne, c’est l’impulsion : si lanature du terrain, ou sa trop grande massel’empêche d’agir, on en éprouve tous les in-convénients, sans en avoir les avantages.
Le Traité des grandes opérations militai-
res du général Jomini propose un très-bonordre de bataille. Ce n’est au fond que lacolonne d’attaque par bataillons sur les deuxpelotons du centre, mais appliquée à touteune ligne de bataille. Il est moins profondet plus mobile que la colonne de Folard ; ilest moins faible que l’ordre déployé. Nousen avons fait très-souvent usage dans lespremières campagnes. Mais à.mesure quelesarméessont devenues plus considérables,nous nous sommes entassés en trop grossescolonnes, entraînés par le désir d’avoir tou-jours le plus de masses disponibles sous lamain. Au lieu d’être en colonnes de batail-lons par division de deux pelotons, nousnous sommes souvent mis en colonnes dedivisions de douze bataillons déployés l’underrière l’autre ; ce qui fait une différenceénorme (voyez la planche ci-contre). C’estsurtout à Albuera, à la Moskowa et à Wa-terloo , que nous avons encouru ce reproche,mais pas du tout à Essling.
Il est à observer que si l’on veut formerune colonne profonde, ou une ligne depetite colonnes d’attaque par bataillons, ilest indispensable de faire marcher sur lesdeux flancs un bataillon par files. Le plusgrand inconvénient d’une colonne, c'estd’être forcée de s’arrêter dès que l’ennemila charge de côté. Ces bataillons la mettrontà l’abri d’un pareil mouvement : marchantpar files, ils présenteront un front à l’en-nemi, qui voudrait charger les colonnes enflancs ; celles-ci, couvertes contre les atta-ques, pourront continuer sans obstacle leurimpulsion offensive.
Les Anglais emploient aussi un systèmede petits carrés par bataillon, qui n’est passans avantage pour aller à l’attaque ou pourse défendre.
Le bataillon de huit pelotons pourraitformer un carré long de trois pelotons defront, et d’un à chaque flanc : ces derniers