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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

les deux corps d’armée engagés entre leRussbach et le Danube ; il préféra se replieren bon ordre, et conserver à la monarchieune armée intacte, qui pourrait encore êtremise en balance dans les négociations pro-bables de la paix. Il n’avait aucun motif dejouer le tout pour le tout et d’agir en déses-péré. Dans le fait, l’archiduc Jean n’étaitarrivé, à quatre heures du soir, qu’à troisou quatre lieues du champ de bataille, etne pouvait plus y prendre part. Les cou-reurs de son avant-garde seuls parurent unmoment dans la direction de Leopoldsdorf ,et engagèrent une escarmouche avec lesflanqueurs de notre cavalerie, dont quel-ques blessés vinrent semer une terreur pa-nique des plus singulières. Nous venionsd’établir nos bivouacs, ceux de ma garde etdes réserves étaient autour de Raasdorf,lorsqu’un cri général s’élevant de la droite,annonce que l’ennemi nous a tournés et me-nace les ponts. En un clin d’œil tous leséquipages, les hommes isolés, les blessés,prennent en désordre le chemin de la Lo-bau; l'alarme se répand de proche en pro-che jusqu’à la garde, qui court aux armes;elle se propage même jusqu’à nos lignesd’infanterie, au point que les vainqueursdoutent un moment de la victoire. On sutbientôt à quoi s’en tenir sur cette échauf-fourée, qui a donné lieu à quelques mau-vaises plaisanteries de la part de ces mili-taires courtisans qui jugent les armées aumilieu du parc des équipages.

Suites de la bataille.

L’archiduc Charles se mit en retraite pen-dant la nuit sans nous laisser d’autres tro-phées que quelques milliers de blessés ouprisonniers, et quelques canons démontés.Sa perte s’éleva à 25 mille hommes et douzegénéraux hors de combat. La nôtre fut àpeu près égale. La nécessité où je me trou-

vai de porter la moitié de ma cavalerie à ladroite fit que je ne pus pousser vivementl’ennemi dans la soirée. L’archiduc Charlesse retira sur la Bohême par la route deZnaïm . Rosenberg, séparé de lui, prit cellede Moravie. L’empereur d’Autriche , qui setrouvait durant la bataille à Wolkersdorf ,instruit de la défaite de Rosenberg et del’approche des coureurs de Davoust qui lesuivaient, avait pris les devants à Znaïm ,d’où il repartit de suite pour la Hongrie .

L’armée d’Italie s’était couvertedegloire;je la visitai, et en embrassant tylacdonald,qui avait rappelé le brave d’Hooglède et dela Trebia , je le saluai du titre de maréchal.Marmont et Oudinot eurent la même faveur.

Observations.

En choisissant son champ de bataille surle Russbach au nord de Vienne , l’archiducCharles avait dû prendre un parti sur la li-gne de retraite qu’il suivrait : il en avaittrois, l’une à sa droite, sur la Bohême; laseconde au centre, sur Olmutz ; la troisièmeà gauche, sur la Hongrie . La première avaitl’avantage de maintenir les Autrichiens encommunication avec le nord de l’Allema-gne , où Ton se flattait toujours que l’appa-rition des Anglais ferait enfin déclarer laPrusse et la Westphalie En la prenant, onse basait sur Prague , la ville de l’empire quipossède après Vienne le plus d’établisse-ments militaires et de ressources ; mais elleexposait l’armée à être coupée du cœur dela monarchie par un simple mouvementcontre sa gauche, et à être ainsi refouléeentre l’Elbe et le Rhin , où elle essuierait lemême sort que les débris des Prussiensaprès la bataille d’Iéna. La ligne sur Olmutz n’était guère moins dangereuse, sans offrirles mêmes avantages; en huit jours demarche rétrograde, l’armée impériale seraitrejetée hors de ses limites sur la Silésie et