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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
permettait le droit de la guerre, montrèrentencore de la modération.
Ce fait d’armes, l’un des plus beaux decette guerre, nous procura un butin im-mense , 197 bouches à feu, et une grandequantité de munitions. On ne fit que 300prisonniers.
Premiers soins de Souit.
Dans tout autre pays, une seconde vic-toire pareille eût décidé de Lisbonne et duPortugal : ici, un succès ne faisait que met-tre dans la nécessité d’en remporter unnouveau. L’embarras inextricable des vi-vres vint bientôt assiéger les vainqueurs,près de mourir de faim au milieu du plusbeau pays de l’Europe .
Soult fit tous ses efforts pour rétablirl’ordre et réorganiser une administration ;mais comment l’espérer dans un pays livréà toutes les fureurs de l’anarchie, où ungénéral portugais faisait massacrer arbitrai-rement un corrégidor pour avoir fait sasoumission au maréchal?
Le premier soin de Soult fut d’envoyersoumettre Yalenza et dégager Tuy, où lebrave général Lamartinière avait été blo-qué avec tout le matériel par les bandesfanatisées sous les ordres de l’abbé Contho,secondées de quelques milices portugaises.Le général Heudelet , aidé des dragons deLorges , parvint heureusement à s’emparerde Yalenza, bonne place qui lui ouvrit sesportes sans coup-férir. U effectua ainsi sajonction, et parvint a ramener ce précieuxconvoi. Viana et les places du Minho furentsoumises, et le pays pacifié pour l’instant.
Victoires de Medelin et de Ciudad-Real .
Mon départ d’Espagne n’avait pas d’abordparu apporter un changement défavorableà nos affaires dans la péninsule ; la veillemême du jour où Soult triomphait à Oporto,
Victor préludait à cette victoire, de manièreà me faire espérer la réussite de son entre-prise. Débarrassé à Uclès de l’armée dited’Andalousie , Joseph avait laissé à Sébas-tiani le soin de la contenir, tandis que lepremier corps établi aux environs d’Alma-raz sur le Tagt^ était opposé à l’armée deCuesta ou d’Estramadure . Mon plan étaitde faire descendre ce dernier corps par lavallée du Tage , pour seconder la marchede Soult sur Lisbonne , me flattant que lesvictoires d’Almonacid et d’Uclès auraientmis les armées espagnoles hors d’état des’y opposer.
Ce calcul fut déçu ; la junte suprême mittoute l’activité possible à réorganiser l’ar-mée de Cuesta, vieux général d’un talentmédiocre, mais doué de présence d’esprit,de courage et de ténacité. Enhardi parl’inaction de nos troupes derrière le Tage ,Cuesta vint s’emparer d’Almaraz , dont il fitsauter le pont. Son audace se borna-là : ilprit une ligne défensive derrière le fleuve.
Le duc de Bellune, ayant réuni lesmoyens nécessaires, franchit enfin le Tage ,et Cuesta se retira derrière la Guadiana parMedelin . Victor le suivit, passa la rivière àMerida , et la remonta pour aller à sa ren-contre. Elle eut lieu vers Mengabriel, enarrière de Medelin , et fut une des pluschaudes de cette guerre, du moins contreles Espagnols . Notre première ligne ayantété un instant ramenée, ce succès éphémèreexalta la jactance de l’ennemi, qui, bientôtchargé par les divisions Levai, Ruffin etVillate, secondées à gauche par la cavaleriedu redoutable Lasalle et à droite par cellede Latour-Maubourg, fut enfoncé de toutesparts. La déroute devint d’autant plus com-plète que, menacé par sa gauche, Cuestane pouvait tenir perpendiculairement à laGuadiana , sans être débordé et jeté à la ri-vière. Nos troupes, exaspérées par les in-