CHAP. XV. CAMPAGNE DE 1809.
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gleterre ressemblait aux forges de Vulcain,qui remplissaient l’Europe de foudres deguerre. Le cabinet de Saint-James ne s’entenait pas à ces secours, il fit partir pourLisbonne le même Wellington qui avaittriomphé de Junot à Vimiera, et dont lestalents et surtout la fortune devaient don-ner une direction funeste à cette guerre.
Wellington, descendu avec un renfort detroupes anglaises le 26 avril à Lisbonne ,faisait de son côté tous les préparatifs pourfondre sur son adversaire, en profitant detous les avantages que le pays lui offraitpour lui couper la retraite. Il rassembla 20mille Anglais à Coimbre , et s’avança sur laVouga pour fixer Soult vers Oporto ; tandisque Beresford, à la tête de l’armée portu-gaise, passerait le Douro vers Lamego , etprendrait la direction de Chaves , secondépar le corps de partisans de Wilson. Leplan était bien conçu et les forces tellementdisposées, qu’il devait réussir. L’avant-gardesous l’intrépide Franceschi, assaillie àl’im-proviste à Grijon et presque enveloppée,parvint par sa présence d’esprit à regagnerOporto sans échec notable.
La position de Soult était critique : desbruits vagues annonçaient la tempête, maisil n’avait toutefois aucun renseignementcertain : car si le secret était bien gardé parles insurgés espagnols, il l’était bien plusen Portugal . Informé néanmoins le 8 del’arrivée de Wellington à Coimbre , il songeaà réunir les détachements épars dans laprovince, pour s’apprêter au combat ou à laretraite. La nouvelle de la guerre d’Autriche avait ébranlé le moral de son armée. Cha-cun découvrait l'abîme ouvert sous ses pasau fond du Portugal , et voyait au contrairela gloire ainsi que les récompenses unique-ment réservées pour l’armée d’Allemagne .La guerre de tous les jours contre un paysinsurgé n’est pas l’affaire du soldat français ;
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brave, mais confiant et peu propre à cegenre d’hostilités, il en était obsédé. Outrecela, il faut l’avouer, de grands triomphesobtenus en peu d’années avaient fait né-gliger les détails du service de campagne ;chacun se relâchait et croyait avoir remplises devoirs en combattant en brave.
Enfin, pour mettre le comble à ses anxié-tés , Soult fut instruit par le complot d’unmajor d’Argenson, qu’il y avait dans l’arméeun parti de factieux qui communiquait avecl’étranger. Il résolut alors de rassemblerson armée derrière le Tamego, pour larapprocher de la division Lapisse et d’Al-meida. Loison en fut prévenu à Amarante ;Lorges reçut l’ordre d’évacuer la provincede Minho et de se diriger sur cette ville ;mais il ne pouvait s’y réunir que le 15 mai.Soult, après avoir rallié son avant-garde,porté la division Mermet en intermédiaireavec Loison, rompu le pont du Douro etretiré les bateaux à la rive droite, espéraitbien tenir jusque-là à l'abri du fleuve : ilfut bientôt désabusé.
Wellington, ayant passé la Vouga le 11 ,s’avança en trois colonnes sur le Douro . Ladivision Murray dut le passer à deux lieuesau-dessus; celles de Paget et de Hill aucentre à Villanova, la gauche sur les quaismêmes d’Oporto . Des intelligences avec leshabitants procurèrent quelques barquesqu’on gardait mal. Le général Paget, par-venu sans être aperçu à la rive droite, sejeta dans un grand bâtiment, où il s’établitpour protéger le passage successif de plu-sieurs bataillons sous le général Hill. Soult,trompé par les rapports des généraux et lanégligence des avant-postes, était tranquilleà Oporto où l’alarme fut bientôt répandue.Les bateliers portugais en profitèrent pours’évader avec leurs barques et aller chercher
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