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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Les assauts d’Ismaïl et d’Oczakof avaientsi bien réussi aux Russes , que ce systèmeétait devenu à la mode dans leur armée. Oncroyait vaincre les Turcs avec des escaladeset des carrés. Ces escalades, souvent maldirigées, toujours prématurées, coûtaientdes pertes énormes : on les eût évitées avec100 barils de poudre et huit jours de guerresouterraine pour renverser les misérablesouvrages des Turcs et monter à l’assaut auxbrèches pratiquées par des mines; ce quiest bien différent d’escalader une place aus-sitôt après l’avoir reconnue.

Attaque inutile de Giurgewo.

L’armée entra en campagne avec 125 ba-taillons, 95 escadrons et 10 mille Cosaques.Prosorowski résolut d’abord d’assiégerBrailow, et en attendant qu’on fit les pré-paratifs nécessaires, il ordonna l’escalade deGiurgewo. Cette place, construite par lesAutrichiens, a une enceinte bastionnéequ’on ne peut réduire qu’avec du gros ca-non. L’escalade fut mal exécutée, et lesRusses , repoussés avec perte de 2 à 3 millehommes, n’en devinrent pas plus prudents.

Tentative infructueuse sur Braïlow.

Le maréchal fit alors investir Braïlowsur la rive gauche du Danube , et commençaà la battre avec une artillerie insuffisante.La place conservant une communicationavec la rive droite du fleuve, on imaginaque la réduction coûterait trop de temps,et pour en finir plus tôt, on eut de nouveaurecours à l’escalade. Après avoir sacrifiéinutilement 3 à 4 mille hommes, il fallut re-venir à un système plus sage.

Prosorowski dépité leva le siège, et, pourlaver cet affront, annonça hautement l’in-tention de passer le Danube avec 40 millehommes, dont le gros se rassembla à Ga-lacz, en laissant un corps suffisant pour la

, garde des principautés. La guerre qui éclata; avec l’Autriche , au lieu d’enhardir le vieux! maréchal, lui fit différer son projet ; commesi l’Autriche, engagée contre moi en Alle-magne et contre la Russie en Pologne , pou-vait le troubler en Moldavie . Les Turcsen profitèrent pour accabler les Serviens,prendre Nissa, et menacer Belgrade . Unediversion tentée sur Cladowa par les Rus-ses fut repoussée. Enfin, dans les premiersjours d’août, le passage tant annoncé s’ef-fectua près de Galacz. Ismaïl fut alors in-vesti; mais Prosorowski mourut, et Bagra-tion le remplaça provisoirement.

Les Turcs instigués imaginèrent à leurtour de prendre l’offensive : le grand-visirpassa le Danube , le 4 août, à Giurgewo.Cette position intervertie était bizarre, lesRusses se trouvant sur la droite du Danube et le visir sur la rive gauche. Bagration espéra le rappeler sur la rive droite, ens’avançant sur Silistrie : il enleva cheminfaisant le camp retranché de Khoref-Pachaà Rassewata; mais 15 mille Turcs s’étantjetés dans Silistrie, il ne put rien entrepren-dre. On s’en consola par la reddition d’Ismaïlle 26 septembre, bien que la garnison obtîntsa libre sortie.

Cependant la diversion atteignit son but;le grand-visir repassa en effet sur la rivedroite du Danube , et, revenu à Routschouk,il détacha une partie de son armée sur Tar-tariza pour secourir Silistrie. Bagration jugea suffisant de le faire assaillir par uncorps de 7 à 8 mille hommes; mais il futrepoussé, et ordonna la levée d’un siègequ’il ne pouvait continuer sans danger.

Le gouvernement russe ne pardonne pasplus qu’un autre les entreprises manquées.Bagration sentit la nécessité de rentrer engrâce, et fit attaquer Brailow par 10 millehommes sous Essen , tandis qu’avec 12 milleil protégeait l’opération du côtédu rempart