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Tome second.
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CHAP. XVII. CAMPAGNE DE 1811.

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n’avait pas eu le temps de s’en occuper. Lebrave général Brenier y commandait ; maisinvesti à l’improviste, il manquait de vivres :il s’agissait de le ravitailler, ou s’attendre àle perdre. Masséna, qui avait retrouvé enEstramadure quelques renforts pour sesrégiments, et une belle division de cavaleriede ma garde, résolut enfin de s’avancer àson secours, bien déterminé en apparenceà venger son affront. Wellington s’étaitplacé en avant de la Coa pour couvrir lesiège. Cette rivière, assez considérable, a unlit encaissé par des hauteurs élevées et très-accidentées ; adossé à un tel ravin, sa posi-tion, avantageuse par les difficultés qu’elleoffrait sur son front, devait être funeste encas de revers. Sa gauche, composée de deuxdivisions, s’était logée dans les ruines de laConception qu’elle releva ; le centre, com-posé d’une seule division anglaise, tenait leplateau d’Almeida ; le gros, composé de troisfortes divisions, tenait le plateau de Fuente-de-Honor. Un corps espagnol couvrait leflanc droit à Naval-de-Avar, à la naissancedu ravin de Duas-Casas, où les hauteursmoins élevées et moins roides, offrent unaccès plus facile. Loison, qui avait pris lecommandement du corps de Ney, brûlantde venger l’affront de la retraite, ordonnasans balancer l’attaque de l’ennemi ( le5 mai) : se bornant à reconnaître la positiondu corps anglais qu’il avait en face, il fonditsur son front, comme s’il eût craint enmanœuvrant qu’il ne lui échappât. En unmot, il prit le taureau par les cornes, sansattendre les ordres de Masséna.

Le 6° corps parvint à enlever la partiebasse de Fuente-de-Honor ; mais trois divi-sions anglaises formées derrière le village,sur un escarpement d’un accès difficile etprotégées par 50 pièces de canon, déjouèrenttous les efforts tentés contre la partie supé-rieure. Comme à Busaco, on lutta contre

le gros des forces anglaises en colonne ser-rée, et on souffrit le feu de toute la ligneennemie sans obtenir le moindre résultat.

Masséna, après avoir reconnu la positionde l’ennemi, prescrivit d’autres dispositionspour le lendemain; il porta le 6 e corps àgauche pour tomber sur Naval-de-Avar, etculbuter la droite anglaise de concert avecla cavalerie de Montbrun et celle de lagarde : tandis que le 9 e corps attaquaitFuenle-de-Honor, et que le 2 ° sous Reyniercontenait la gauche ennemie depuis Ala-meda jusqu’à la Conception.

Quoique ces dispositions fussent défec-tueuses , en ce qu’il y avait trop de forcesemployées en observation, et que le mouve-ment de flanc ordonné à notre gauche fûtexécuté en vue de l’ennemi, qui lui en opposaun semblable, elles furent néanmoins cou-ronnées de succès. Le 6 e corps enleva Posa-bella, culbuta les ilanqueurs ennemis, etforça le corps espagnol à une retraite excen-trique : Montbrun renversa la cavalerieanglo-portugaise et la poursuivit l’épée dansles reins, bien loin de la ligne. La T divi-sion anglaise du centre, qui avait marchéparallèlement à notre gauche, voyant sapremière brigade ramenée, tint ferme avecla seconde qui se signala par sa contenance.Il n’y avait plus qu’un effort à faire pourculbuter la gauche ennemie sur le ravin dela Coa. Les soldats du 6° corps étaient lesmêmes qui,trois ans auparavant, s’étaientprécipités tête baissée dans Friedland, con-tre des adversaires plus nombreux et nonmoins redoutables. Une charge pareille àcelle que Ney exécuta sur le corps de Bagra-tion en 1807 eût perdu sans retour l’arméede Wellington; mais Ney ne les commandaitplus, ils n’étaient plus exaltés par ma pré-sence. Au lieu de fondre sur l’ennemi àmoitié battu, notre gauche s’arrête, leschefs hésitent : Masséna, qui est resté à son