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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

nous n’avions aucun trophée. Il élait onzeheures : Nev demande à grands cris desrenforts pour achever la victoire : il luisemble plus facile de voler à de nouveauxsuccès, que de rester exposé au feu de 200pièces de canon qui vomissent la mort dansses rangs : peut-être le bon moment était-il déjà passé ; car l’ennemi n’avait pas seu-lement attiré Baggawout des rives de laMoscowa à l’extrême gauche, il avait encoreappelé le corps intact d’Ostermann pourseconder son centre ébranlé par la luttecontre Eugène.

La cavalerie russe assaillit la gauche du vice-roi.

J’allais néanmoins ordonner un nouveleffort, soutenu par les deux divisions dejeune garde et par les trois divisions d’Eu-gène, lorsque des cris tumultueux et undésordre inquiétant me découvrent quel’ennemi fait sur la chaussée de Borodinoune grande attaque contre le vice-roi; jesuspends le départ de ma garde, et je m’enapplaudis d’autant plus qu’Eugène vient derepassera la gauche de la Kolocza avec lagarde italienne. Ce mouvement, qui mena-çait notre ligne de retraite, était de natureà inquiéter, et je résolus d’attendre de nou-veaux renseignements, non-seulement pourne rien compromettre, maisencore pour nepas engager la jeune garde , sans pouvoircompter que ma gauche prenne part à l’ef-fort projeté. J’envoyai même la division Cla-parède de ce côté pour parer à tout événe-ment. J’appris bientôt que ce n’était qu’uneéchauffourée de cavalerie, tentée par lecorps d’Ouvarof sur la brigade Ornano etla division Delzons , qui le reçut en carrés,et rendit vains des efforts mal dirigés [1].

[1] Outre les 3 mi Ile cavaliers d’élite du corps d’Ou-varof , il y avait plus à droite, b à 6 mille Cosaquessons Plalof qu'on avail pris pour de l’infanterie: ils

Toutefois cet incident nous avait tenusplus d’une heure en suspens, et l’ennemi enprofita pour se rasseoir dans ses nouvellespositions : ce délai contribua aussi au nonsuccès de la journée.

Ostermann relève les troupes de Rayefski au centre.

Dès que je fus rassuré sur ce qui se pas-sait, tout se disposa pour renouveler uneattaque sur la grande batterie du centre,en même temps que ma droite débouche-rait en avant de Semenofskoë. Les Russes s’apercevant, aux dispositions du vice-roi,de Murat et de Nev, de l’orage qui se pré-parait. font relever le corps abîmé de Ra-jefski par celui d’Ostermann, qui enlre enpremière ligne, appuyant sa gauche dans ladirection de Semenofskoë et sa droite à lagrande route. Mes généraux prennent cettemanœuvre pour une démarche offensive;Murat et Sorbier rassemblent sur ces co-lonnes une masse énorme d’artillerie quileur cause de grands ravages : elles restentfermes et impassibles sous ce feu redouta-ble. Toute leur artillerie répond à la nôtre;Doctorof, Barclay, Jermolof en font autantde leur côté contre les divisions du vice-roi,qui montrent la même contenance. Le feuest général depuis Borodino jusqu’à Seme-nofskoë et même jusqu’au bois. Huit centspièces de canon vomissent la mort des deuxcôtés sur l’espace d’une demi lieue. Jamaisspectacle ne fut à la fois plus imposant etplus terrible. Tous les acteurs de cettegrande scène la proclament d’un communaccord la bataille des géants.

Grande attaque sur la redoute du centre.

Au moment où tout se dispose pour l’ai-ne firent rien, et Oararo f, content d’avoir donnéchasse à Ornano, ne chercha point à enfoncer notreinfanterie.