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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
a pratiqué une espèce de digue coupée partrois ponts de plus de 100 toises chacun. Sil’ennemi avait le temps de les détruire, lagelée n’étant pas encore assez forte pour ysuppléer, tout était perdu. Oudinot reçutl’ordre d’y envoyer à la hâte un détachement,qui heureusement arriva à temps pour s’ensaisir. Dans l’intervalle, le reste de nos dé-bris se rapprochait de Studzianka, ainsi quele corps de Bellune. Ney passa dans la nuitavec les Polonais et une division de jeunegarde, qui ne comptaient pas ensemble plusde 2500 hommes ; il devait joindre Oudinotet se mettre à la tête du peu de forces quenous pouvions opposer à Tschighagof. Jetransportai mon quartier-général, aprèsmidi, sur la rive gauche; le passage conti-nua durant une partie de la nuit et toute lajournée du 27. Il 11e put s’opérer que lente-ment, les ponts de chevalets s’étant rompusdeux fois à cause du lit fangeux et peu so-lide de la rivière et des glaçons qu’elle char-riait. Tschighagof eut ainsi le temps de re-venir à Borisow avec les deux divisions qu’ilavait emmenées du côté d’Ouscha; mais aulieu de marcher de suite contre Oudinot, ilresta vis-à-vis de Borisow et chercha à semettre en communication avec Wittgen-stein. Le corps de Bellune venait de quittercette ville, dans la nuit du 26 au 27, pourmarcher à Studzianka, laissant à la divisionParthouneaux le soin de garder Borisowjusqu’au milieu du jour, autant pour attirerl’attention de Tschighagof que pour arrêterun moment Wittgenstein.
Prise de Pai-touneaux.
Ce détachement nous devint funeste : àpeine la division fut-elle retournée à Bori-sow, que les fuyards vinrent lui annoncerqu’elle était coupée. Parthouneaux apprit eneffet que le comte de Wittgenstein venaitde s’établir à Staro Borisow avec toute son
armée entre lui et Bellune. Il fallut songerà s’ouvrir une issue.
Deux chemins mènent de Borisow à Stud-zianka : l’un, qui est une petite traverse,longe la rivière; l’autre, plus à droite, estle grand chemin de Wesselovo par Staro-Borisow. On assure que Wittgenstein nebarrait que le dernier ; malheureusementce fut celui que prit Parthouneaux. Il se jetad’abord avec bravoure sur l’ennemi dont ilignorait la force; mais la partie était tropinégale : après d’inutiles efforts pour sefaire jour, il fut ramené à Borisow, où ilacheva d’être investi par l’arrivée des corpsde Platof et de Jermolof, détachés de l’ar-mée de Koutousof. Parthouneaux tenta ce-pendant de s’échapper pendant la nuit avecun bataillon d’élite : mais il tomba au milieudes Cosaques qui le firent prisonnier. Lelendemain au matin, sa division se rendit ;elle était d’environ 3 mille hommes, outre4 mille isolés de différents corps qui s’étaientattachés à ses pas.
Un bataillon, parti de Borisow en mêmetemps que lui, ayant pris le petit chemin,parvint à s’échapper, ce qui donne la me-sure de la faute commise. Il fallait jeter undétachement perdu par le chemin principal,et suivre l’autre avec le gros de la troupe.La prise de Borisow permit à Tschighagofd’établir un pont de bateaux pour se lieravec Wittgenstein, et il fut renfoncé parJermolofel Platof.
Deuxième combat de Stakhow.
L’ennemi combina pour le 2s un effortsimultané sur les deux rives, et la journéedevait décider de notre sort. Wittgensteindisposa tout pour attaquer Bellune par larive gauche : l’amiral se porta sur Stakhowà la tête de ses divisions; nous le prévînmesen attaquant l’avant-garde laissée devantnous. Ce détachement fut culbuté sur Sta-