CHAP. XV 1 IL. CAMPAGNE DE 1812 .
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conduisant chacuniso fourgons à quatre che-vaux. 20 de ces bataillons suivaient monarmée, ce qui faisait 12 mille chevaux pourle train seul des vivres : ils conduisaient4 millions de rations; mais cela ne faisaitjamais que pour quinze jours. Mes dépôtsse trouvaient à 2s marches de moi, il eût fallucinquante jours à un convoi pour aller etrevenir, ce qui eût nécessité un nombre qua-druple de chevaux , pour assurer des dis-tributions régulières. Dans l’impossibilité deme les procurer, j’avais poussé les précau-tions jusqu’à appeler de France des équipa-ges de marins, pour faire remonter le Nié-men et la Wilia à mes magasins.Des ordresavaient été donnés de construire des ra-deaux, pour naviguer sur la Wilia, qui 11’estpas assez profonde pour les grandes barques.Que pouvais-je faire de plus? Les grandesentre-prises lointaines, dit Montesquieu ,périssent par la grandeur même despréparatifs qui on fait pour en assurerla réussite.
T Je suis resté quinze jours à Wilna, aulieu de [tousser à l’instant même sur Glou-bokoë et Polotsk , ou de me rabattre surMinsk contre Bagration : il fallait prendrel’un ou l’autre parti dès le r r juillet. L’em-barras des vivres, et la crainte que Bagra-tion ne filât sur mes derrières pour rega-gner Drissa, motivèrent ce séjour, qui 11etarda pas à nous coûter cher. J’aurais dûprofiter de la fausse direction que l’annéeprincipale des Russes prenait vers Drissa,pour déborder vivement sa gauche, la refou-ler sur la Baltique , où sa perte eût été cer-taine : c’était la partie principale ; Bagration n’était qu’un accessoire.
8 ° Murat n’a rien su faire avec 30 millechevaux pour entamer l’ennemi en retraite.
9 0 A Borodino, nous avons combattu tropmassés, comme je l’ai déjà dit. Cette circon-stance m’a empêché de déborder l’extrêmen.
gauche des Russes assez fortement par lavieille route de Smolensk . Nous n’avons pasdonné le premier coup de collier avec assezd’ensemble, et le moment d’engager ma ré-serve a été manqué. Outre cela, nous n’a-vions point reconnu l’existence du corps deTouckzof vers Oustitza ; ce qui changea lesdonnées de la première attaque.
io° J’ai eu tort de ne pas continuer à pous-ser vivement l’année russe à sa sortie deMoscou ; car elle était alors très-affaiblie etun peu ébranlée : j’aurais eu l’espoir del’achever. Mais je me sentais déjà enfoncétrop loin, et l’idée de le faire davantagem’effraya. Si j’avais couru jusqu’au Wolga ou à Pultawa, c’est pour le coup qu’on au-rait eu raison de crier au Charles xii ! Aufait, il ne pouvait pas m’arriver pis, et j’au-rais du moins été fidèle à mon point de vueprincipal, celui de détruire l’armée danslaquelle je plaçais toute la force de la Rus-sie . Elle eût peut-être accepté bataille àTaroutina, et, vainqueur, j’aurais du moinsété maître des riches provinces de Kalouga ;si elle se fût retirée jusqu’au Wolga , je se-rais resté maître de ma retraite par Ros-law, pays neuf, et où l’ennemi n’aurait punous suivre qu’en queue, et non nous cou-per par une marche latérale.
ii° Nous connaissions mal le pays ; lescartes existantes étaient détestables. Nousne marchions que sur les grandes routes,tandis que, à l’exception des marais duPripecz et de ceux qui bordent les deuxrives de la Bérésina, on trouve presquepartout des chemins praticables en Russie ;circonstance dont l’ennemi a bien su profi-ter, parce qu’il connaissait son pays.
12° La Turquie a signé la paix au momentoù je comptais qu’elle pousserait la guerreavec vigueur. Bernadolte s’est allié avec lesRusses : ce double incident changea toutes
les chances, en donnant deux armées de
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